‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 253 sur 375 · Autlobiographie du P. Chaumonot, p · texte numérisé non relu

Autlobiographie du P. Chaumonot, p

5. Ibidem, p.78. — Jouvancy, Hist. Soc. Jesu ms., L. XIÏI, n. 34, 37.

mètres sud-ouest du pays des Hurons, dans les montagnes qu’on nomme aujourd'hui Montagnes Bleues. En 1639 les PP. Jogues et Garnier avaient essayé vainement d’évangéliser ces sauvages!. L'année suivante les PP. Garnier et Pierre Pijart résolurent de tenter un nouvel effort. Ils partirent sans guides, au mois de novembre, s’abandonnant à la conduite de leurs anges gardiens. Après avoir marché deux jours à l’aventure, ils arrivèrent épuisés dans le premier bourg de la nation, où nulle porte ne s’ouvrit . pour leur donner l'hospitalité. Ce froid accueil ne les découragea point. Le P. Garnier exposa dans une assemblée générale le but de sa visite et voulut offrir aux chefs des présents. « Nous ne voulons pas de vos présents, répondit un capitaine; vuidez au plus tost Le pays, si vous estes sages. » Mais les deux Pères n’entendaient pas être sages de la sagesse humaïne ; forts du secours de Dieu, ils restèrent; ils firent si bien que peu à peu ils purent exercer en toute liberté leur apostolat. Les habitants des bourgs et bourgades écoutaient volontiers la parole de Dieu; « mais, ajoute la Relation de 1641, ïls en demeurent là pour le présent et ne parlent point encore tout de bon d’embrasser la foy* ». Aïnsi l’on semait dans la tristesse ; après six ans de patience, le P. Garnier récoltera chez les Petuneux une abondante moisson.

La mission des Nipissings, dévolue aux PP. Claude Pijart et Charles Raymbault, présentait les plus grandes difficultés. Il fallait, été comme hiver, suivre ces sauvages nomades dans leurs courses à travers les lacs, les rivières et les forêts, manier comme eux l’aviron ou porter le canot, coucher sur la terre ou sur la roche, vivre au milieu de la malpropreté des huttes et se résigner à toutes sortes de souffrances pires que la mort. Si les deux missionnaires ne parvinrent pas, en 1640, à complètement apprivoiser ces barbares, ils eurent du moins la consolation d’entrevoir à certains signes le futur triomphe de la grâce : ainsi constataient-ils chez les Nipissings « le plus grand contentement lorsqu'on leur faisait chanter les grandeurs de Dieu, les articles de la créance et des commandements? ». Encore quelques années, et le P. Ragueneau pourra écrire de Québec au P. de Lingendes : « Les Pères qui ont eu soin de la mission [du Saint-Esprit} y ont mené une vie errante avec ces peuples errans et ont esté quasi tousjours dessus les eaux ou sur quelques rochers affreux. Maïs

{. Martin, Le P. Isaac Jogues, 65. — Parkman, op. cût., p. 110, 2. Relations..…., 1641, p. 69.

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