Ibidem, p
partout Dieu s’y est fait connaïtre..… Quantité de ces nations ont pris feu depuis un an aux paroles de l'Évangile; quantité se sont faits chrétiens et ont reçu Le saint baptème, même leurs capitaines qui jamais [jusque-là n’avoient voulu se faire instruire !. »
Près du rapide ou saut qui unit le lac Supérieur au lac Huron, habitait une nation d’origine Algonquine, comme les Nipissings, et que les Français avaient surnommée la nation des Sauteurs. Au commencement de septembre 1641, les Sauteurs étaient venus assister à la grande fête des morts célébrée chez les Nipissings. « Nous nous efforçâmes, dit le P. Lalemant, de gagner l'affection des plus considérables d’entre eux par quelques festins et présents. En effet, ils nous invitèrent de les aller voir dans leur pays?. » Le 17 septembre, les PP. Jogues et Raymbault partirent accompagnés d'une bande de Hurons et parcoururent dans un petit canot d'écorces les quatre cents kilomètres qui les séparaiïent du saut Sainte-Marie. Près de deux mille sauvages les attendaient à cet endroit et leur firent le plus bienveillant accueil. Les missionnaires élevèrent sur les bords de la rivière une grande croïx, en signe de la prise de possession de la contrée au nom de la foi. Mais à peine avaient-ils commencé à catéchiser la population qu’ils étaient rappelés à la résidence centrale. Comme ils se préparaient à partir : « Restez avec nous, leur dit l’un des chefs, nous désirons grandement recevoir vos instructions ; nous vous embrasserons comme nos frères et nous ferons profit de vos paroles. » Ce ne fut pas sans regret que les deux Pères, obéissant à la voix de leur supérieur, quittèrent une nation si bien disposée.
Durant leur séjour parmi les Sauteurs, les Jésuites avaient appris l'existence d’un grand nombre d’autres peuplades sédentaires et recueilli sur Les contrées du Nord et de l’Ouest des informations encore inconnues des Européens. Mais avant de porter dans ces pays la prédication de l'Évangile, le P. Lalemant avait résolu de concentrer tous ses efforts sur la conversion complète des Hurons, lesquels, écrivait-il, « s'étant faits bons chrétiens prêcheront plus fortement que nous, et de parole et encore plus efficacement par leurs exemples # ».
7. Tandis que se faisaient chez les Neutres, les Petuneux, les