Ibidem, p
Nipissings et les Sauteurs, les tentatives dont nous venons de parler, plusieurs Jésuites de la résidence Sainte-Marie avaient visité les bourgades huronnes. « L'hiver dernier, raconte le P. Chaumonot, il n’y a eu une seule cabane dans nos trente-deux bourgs où la parole de Dieu n'ait été portée; mais les fruits ont été plus grands pour l’église triomphante que pour l’église militante. » L'usage des missionnaire était de quitter Sainte-Marie au commencement de novembre. Chacun se rendait alors dans le district qui lui était assigné, emportant une chapelle portative et toute une collection d'objets variés, couteaux, miroirs, hachettes, colliers de perles et autres bibelots préférés des sauvages. On s’établissait d'abord dans le bourg le plus important de la circonscription, puis de là on se rendait dans les différents villages où l’on prenait comme demeure la première cabane venue. Quand le nombre des catéchumènes eut suffisamment augmenté, plusieurs Pères durent se fixer dans des centres principaux!. « Quelquesunes de nos missions, écrivait le P. Lalemant, ont été changées en résidences, les chapelles agrandies partout; faute de cloches, il nous à fallu prendre de vieux chaudrons; les cimetières ont été bénits; les processions dans les bourgs et Les funérailles [se sont faites] selon la coutume de l'Église?. » Le P. Daniel s'était établi à Saint-Joseph ; les PP. de Brébeuf et Gabriel Lalemant à Saint- Ignace; le P. Chaumonot à la Conception ; Le P. du Péron à Saint- Michel. Les autres continuèrent à se déplacer selon les besoins du moment.
Toutefois si le nombre des catéchumènes était considérable, une faible minorité parmi eux entrait dans le sein de l'Église. En 1641, la chrétienté naissante des Hurons ne comptait guère plus de soixante personnes. C’est qu'avant de les admettre on exigeait des convictions sincères, des garanties sérieuses de persévérance. « On a vu [des sauvages|, dit Charlevoix, fréquenter nos églises pendant des années entières... puis se retirer en disant froidement au missionnaire qui se flattait de l’espérance de les engendrer bientôt à Jésus-Christ : « Tu n’avois personne pour prier avec toi; j'ai eu compassion de ta solitude et j'ai voulu te tenir compagnie; à présent que d'autres veulent bien te rendre le même service, je me retire.» Chose plus triste, il s’est rencontré de ces malheureux «à qui il ne restoit plus aucun doute sur les articles de notre foi les plus incompréhensibles et qui en faisoient publi-