‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 256 sur 375 · Autobiogr. du P. Chaumonot, p · texte numérisé non relu

Autobiogr. du P. Chaumonot, p

Ce

quement l'aveu sans vouloir entendre à se convertir! ». En 1647, le P. Garnier constatait encore avec tristesse «que la récolte ne se faisait que peu à peu, que les sauvages étaient lents à se rendre aux vérités de la foi, et que, même baptisés, il fallait les exciter continuellement? ».

Jamais nation n’offrit tant de résistance à la grâce divine que le peuple huron. «Nous avons prêché l’évangile à plus de dix mille barbares et à leurs familles ; ils avaient des oreilles pour entendre et ils n’ont point entendu”. » Etcependant quel zèle et quel esprit de sacrifice parmi les ouvriers de cette vigne ingrate! On trouverait difficilement, dans les missions si belles du xvir' et du xvn°siècles, une telle collection d’apôtres. Le protestant Parkman, après avoir tracé une esquisse des principaux Jésuites canadiens, s’écrie plein d’admiration : « Rendons honneur à la candeur de ces hommes de bien et à ce qui leur était si particulier, l’abnégation, dont le principe est la source active de toute religion vraie et l’indispensable agent de toute impulsion héroïque“. »

Mais d’où provenait chez les Hurons une telle obstination dans l'erreur? De trois causes surtout : les habitudes superstitieuses, l'attachement aux choses de ce monde et les mœurs dissolues. « Je ne me serai jamais imaginé, écrivait le P. Chaumonot, une dureté comme celle d’un cœur sauvage élevé dans l'infidélité. Quand ils sont convaincus de la folie de leurs superstitions et de leurs fables, et qu’on leur a prouvé la vérité et la sagesse de la foi, il faudrait, pour achever de les gagner, leur promettre que le baptème leur donnera prospérité et longue vie, ces pauvres gens n'étant sensibles qu’aux biens temporels. Cela ne vient pas destupidité; ils sont mème plus intelligents que nos campagnards, et il y a certains capitaines dont nous admirons l’éloquence, acquise sans beaucoup de préceptes de rhétorique. Leur obstination dans l’infidélité est produite par la difficulté qu'ils croient trouver dans l'observation des commandements et surtout du sixième °. »

Seule l’abondance des grâces divines pouvait changer les dispositions de ces cœurs endurcis. Dieu voulut, semble-t-il, qu’elle leur fût méritée par Les souffrances des missionnaires. La semence

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