‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 261 sur 375 · Epist. ad Galat · texte numérisé non relu

Epist. ad Galat

Voilà pourquoi je fléchis, chaque jour, le genou devant le Seigneur et le Père de Notre-Seigneur! pour que, si sa gloire le demande, il fasse évanouir les projets des Européens et des sauvages qui songent ou à m'arracher à mon exil, ou à me rendre à mes frères. Je conjure Votre Révérence de vouloir bien, malgré mon indignité, me regarder toujours comme son enfant. Sauvage par mes habitudes et mon vêtement, et vivant même presque séparé de mon Dieu dans ma vie si agitée, je veux cependant mourir comme j'ai toujours vécu, enfant de la sainte Église romaine et membre de la Compagnie de Jésus? »

Ces sentiments d’héroïque résignation, le P. Jogues les avait déjà exprimés dans une lettre au gouverneur de Québec en le prévenant des projets des Iroquois contre la colonie. « Ne tenez aucun compte de moi, et qu'aucune considération de ma personne ne vous empêche de prendre toutes les mesures qui vous paraitront plus propres à procurer la plus grande gloire dé Dieu. Je forme la résolution, de jour en jour plus arrêtée, de rester ici aussi longtemps qu’il plaira à Notre-Seigneur, et de ne pas chercher à conquérir ma liberté, quand même il s’en offrirait des occasions. Je ne veux pas priver les Français, les Hurons et les Algonquins des secours qu'ils reçoivent de mon ministère?. »

11. Dans la prolongation de sa captivité, le P. Jogues n'avait: vu jusque-là qu’un devoir envers Dieu et le prochain. Plus tard, S’étant trouvé dans l'impossibilité de travailler au bien des âmés, il ne se fit pas serupule d'échapper à ses bourreaux dès que la! Providence lui en fournit le moyen. L'ordre de s'employer à sa délivrance avait été envoyé à tous les commandants de la Nouvelle Belgique par les Etats-Généraux de Hollande, sur la demande pressante de la reine Anne d'Autriche. Le gouverneur de Renselaerswich (aujourd’hui Albany) s’offrit au P. Jogues pour procurer son évasion. Avant d’accepter, l’apôtre voulut réfléchir devant Dieu. Deux motifs le sollicitèrent : d’abord l'intérêt de Guillaume Couture, lequel n’attendait que son départ pour se mettre lui-même en sûreté; puis l’inutilité de sa présence auprès des Hurons et des Algonquins qui l’évitaient comme une victime destinée au feu, depuis que les Iroquois menacçaient de

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