Epist. ad Ephes
2. Lettre du P. Jogues au P. Provincial de France (Bressani, Relation abrégée, p. 171-179).
3. Lettre du P. Jogues à M. de Montmagny (Hist. miss. Canad., n. 98).
se venger sur sa personne de leur récent échec contre le fort Richelieu. Le saïnt missionnaire prit donc la résolution de s'enfuir.
Il était alors sur les bords de l’Hudson, près du.fort d'Orange, où ses gebliers se livraient à la pêche. Prévenus de ses desseins, les Hollandais parvinrent à le soustraire à l’esclavage!. Au mois de septembre 1643, il sembarquaït à la Nouvelle Amsterdam (aujourd'hui New-York), abordaïit sur les côtes de Bretagne, non loin de Saint-Pol-de-Léon, Le jour de Noël, et le 5 janvier il arrivait au collège de Rennes. On devine l'accueil que lui firent ses frères. À Paris, où il fut appelé par ses supérieurs, sa présence excita le plus vif intérêt. La reine régente, remplie d’admiration pour sa vertu et de compassion pour ses souffrances, voulut le voir. Elle ne put retenir ses larmes en apercevant les traces à peine cicatrisées de la cruauté des sauvages. « On fait tous les jours des romans qui ne sont que mensonges, dit-elle; en voici un qui est une vérité et où le merveilleux se trouve joint à l’héroïsme le plus admirable. » Le pape Urbaïn VIII à qui l’on avait demandé pour Le courageux confesseur de la foi la faveur de célébrer la messe, malgré la mutilation de ses mains, répondit par ces belles paroles : « Indignum esset Christi martyrem Christi.non bibere sanquinem, ïl ne serait pas juste de refuser à un martyr de Jésus-Christ la faveur de boire le sang de Jésus-Christ?. »
Le séjour du P. Jogues en France ne fut pas de longue durée. Au mois de mai 164% il retournait avec joie au Canada : après deux années de nouveaux labeurs, il y recueillera la palme du martyre.
1. Il a raconté lui-méme sonévasion dans une lettre du 30 août 1643 au P. Ch. Lalemant (Martin, op. cit., p. 189).
2. Ibidem, p. 224. — Lettre du P. Général au P. Jogues, 1% oct. 1644 (Francia, Epist. Gen., t. VI).