‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 267 sur 375 · Belin, Histoire de la latinité de Constantinople, p · texte numérisé non relu

Belin, Histoire de la latinité de Constantinople, p

3. Litterae annuae 1634 (Miss. Const., t. VIIE, n. 92). Cf. Flament, op. cil., p. 387.

&. Lettre du baile Foscarini au Sénat, 24 février 1634 (Venezia, Archiv. di Stato. Disp. di Const., n. 115, fol. 55).

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sacrifices d'argent étaient d'autant plus nécessaires, qu’un Maure de Grenade avait offert aux autorités ottomanes vingt mille piastres si on lui permettait de transformer en mosquée l'église de Saint-François; et l’église des Jésuites, dédiée à la sainte Vierge et à saint Benoît, était menacée de subir la même profanation!,

k. Les choses en étaient là quand parurent devant Constantinople des vaisseaux de Provence, chargés de marchandises. Ils appartenaient à ces négociants qui, d'accord avec le comte de Césy, avaient cautionné le douanier d'Alep, mais dont l’infidélité à remplir leurs obligations retenait l’ancien ambassadeur à Péra?. Averti de leur départ de Marseille, M. de Césy avait pris ses précautions et obtenu un arrêt du conseil du roi et un jugement du divan, lesquels lui permettaient de saisir tout ce qui appartenait à ces mauvais débiteurs. En vertu de ces deux titres, il fit mettre l’'embargo sur les navires dès leurs arrivée. M. de Marcheville, à qui Les négociants portèrent leurs plaintes, essaya d'obtenir maïin-levée de la saisie, sous prétexte qu’on avait un besoin urgent des marchandises. Mais le caïmacan, seul interprète des jugements du divan, refusa de faire droit à la demande de l'ambassadeur, à moins qu’on ne lui remit une autorisation formelle du comte de Césy ?. M. de Marcheville, n’espérant plus rien des voies ordinaires de la justice, permit aux négociants français et à leurs amis de se porter en foule chez son prédécesseur afin de lui arracher un consentement. Cette multitude, se croyant assurée de l'impunité, se jeta avec fureur sur la maison de l’ancien ambassadeur où ne se trouvait qu’un petit nombre de domestiques incapables de résistance. Il eut à peine le temps de se réfugier, avec sa femme et un fils en bas âge, dans un lieu sûr. Informé de cette violente invasion, le caïmacan envoya des capigis (huissiers) pour réprimer le désordre, et fit mettre aux fers plusieurs de ceux qui y avaient participé. Puis, ayant laissé une garde au comte de Césy, il dépêcha un chiaoux à Scutari où habitait alors le Sultan, afin de prendre ses ordres pour la vengeance qu'il méditait 4.

Au retour de chiaoux, le caïcaman fit venir à l'arsenal le comte de Marcheville, et lui intima l’ordre, de la part du Grand

1. Litterae ann. 1634, déjà citées. — Cf. Belin, op. cit., p. 256.

2. Sur cette affaire, voir Plantet, Correspondance des Deys d'Alger, t. I, p. 18.

3. Lettre du P. d’Aultry au P. Général, 5 mai 1634 (Miss. Const., t. VIII, n. 96). — Cf. Mignot, p. 356; — de Flassan, t. III, p. 21-22.

4. Mémoires de Richelieu, t. Il, p. 575. — Cf. Flament, op. cûit., p. 388.

Seigneur, de sortir de Constantinople à l'instant même. C'était le 2 mai 1634. On contraignit l'ambassadeur, sans lui laisser le temps de se pourvoir des choses les plus nécessaires, à monter dans un caïque qui le conduisit à bord d’un navire français prêt à partir. Les gens de l’ambassade eurent trois Jours pour évacuer le palais, ét on leur défendit, sous peine de mort, de rester à Constantinoplet. En même temps tous les ambassadeurs européens et M. de Césy furent convoqués à l'arsenal où le caïmacan, pour excuser sa conduite, leur déclara que M. de Marcheviile, par son mépris des lois du pays, avait forcé Sa Hautesse à le chasser de ses États?. Le Grand Seigneur de son côté, écrivit au roi de France «que le renvoi du comte de Marcheville avait été nécessité par les plaintes que les voisins du palais, lésés lors de sa réédification, avaient faites contre cet ambassadeur? ».

M. de Césy, que ses dettes retenaient toujours à Constantinople, fut sommé par le divan de reprendre le titre et les fonctions d’ambassadeur jusqu'à ce qu'il eût plu au roi son maïtre de nommer un autre ministre. Le comte de Césy répliqua que Sa Majesté avait seul Le droit de nommer son représentant, et que lui-même ne pouvait sans de nouvelles lettres de créance exercer un ministère terminé depuis trois ans par la venue de son successeur. Malgré cette opposition, il fut contraint par le caïmacan de se rendre avec sa famille au palais de l’ambassade, et pour ne point léser les intérêts de la France, il consentit à se charger de l'expédition des affaires, en attendant les ordres du roi. Son premier acte, tout de clémence, fut de solliciter l’élargissement de ceux qui étaient venus l'insulter jusque dans sa maison“. Richelieu dans ses Mémoires, condamne la conduite du Grand Seigneur comme « une action contre tout droit des gens ». Mais, ajoute-t-il, « la barbarie de cette nation turquesque.… leur fait fermer les yeux à la raison et ne reconnoitre aucune justice que leur volonté? ». Quoi qu’il en soit, Louis XII accepta les explications qu'on voulut bien lui donner, ne demanda aucune réparation et maintint plusieurs années le comte de Césy dans les fonctions de chargé d’affaires à Constantinopleë. Voyons

1. De Hammer, 0p. cût., t. Il, p. 472. — Mignot, op. cûit., p. 357.

2. Lettre du P. d'Aultry au P. Général, 5 mai 1634 (Miss. Const., t. VIII, n. 96). — Cf. Flament, [. c.

3. De Saint-Priest, op. cit., p. 215. — Mignot, op. cût., p. 357.

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