Lavallée, op. cût., p
AUS — K hi. =. CR Re SAT
quelle fut pendant cet intérim la situation du catholicisme et de la Compagnie en Orient.
5. À la suite du départ de M. de Marcheville, Cyrille fut réintégré, le 5 mai, sur le siège patriarcal de Constantinople; mais il ne tarda pas à céder de nouveau la place à l’archevêque de Carafféria!. À la même époque, les Grecs profitant des mauvaises dispositions des Ottomans contre les Européens, revendiquèrent la possession des Saints Lieux attribuée de temps immémorial aux religieux Franciscains sous la protection de la France. L'affaire fut plaidée devant le divan, et les Grecs l'emportèrent grâce à une forte somme fournie en grande partie par l'ambassadeur hollandais?. En 1635, M. de Césy parvint à faire rétablir les religieux de Terre Sainte en possession des sanctuaires; mais ils en furent de nouveau chassés en 1637, par un ordre du divan au pacha de Jérusalem. Cette usurpation porta une grave atteinte à notre influence, car la prérogative des religieux français, « reste de notre domination dans le Levant, en constatait l’impérissable souvenir et témoignait de notre puis-
sance aux yeux des chrétiens comme aux yeux des Turcs* ».
Pendant les cinq années que le comte de Césy resta chargé des affaires de l'ambassade, on ne signale aucune tentative nouvelle contre les marchands européens ou contre les Pères de la Compagnie de Jésus. Les lettres annuelles de la résidence de Constantinople offrent peu de particularités en dehors des ministères ordinaires. Notons toutefois la nomination du P. François Martin comme supérieur, à la place du P. d’Auliry, appelé en
France pour les affaires de la mission; la réception du fils de M. de Césy parmi les congréganistes, et l'institution d’un catéchisme spécial pour les enfants des Arméniens“. Le comte de Césy écrivant au P. Joseph se plaisait à louer le zèle des Capucins et des Jésuites « qui s’estudient à apprendre les langues auxquelles beaucoup d’entre eux sont desja très versés? ».
Cyrille Lucar, déposé pour la troisième fois en 1634 du siège patriarcal de Constantinople, n'avait pas perdu l'espoir d'y
1. Lettres de Foscarini au Sénat, 6 avril 1634, 3 avril 1635 (Venezia, Archiv. di Stato, Disp. di Const., n. 115, fol: 178, n. 116, fol. 349).
2. Lettre/de Barberini à Bolognetti, 25 nov. 1634 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 81, fol. 168-169).