‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 27 sur 375 · Fagniez, op. cil., t. II, p · texte numérisé non relu

Fagniez, op. cil., t. II, p

2. Lettre du nonce à Barberini, 9 sept. 1632 cher. Vat. Francia, n. 76, f. 108). Barberini à Bolognetti, 21 avril 1635 (1bidem, n. 82, f. 122). Arrêt du conseil privé contre L'Ouvrage des Moines et autres du même auteur (Bibl. nat., Ve. Colbert, vol. 160, f. 113 et 171). Voir dans ce même volume plusieurs réclamations des ordres religieux que Jean-Pierre Camus continuait, malgré ses Peer, à tourner en dérision.

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Le P. Étienne Binet fut chargé de la défendre!; possédant l'estime des prélats et assez de tact pour traiter, sans passion, les matières les plus épineuses, il n’avait qu'à mettre la dernière main à une apologie commencée quelques années auparavant. « Je me suis proposé, écrivait-il au P. Général, de ne rien dire qui puisse blesser personne, mais d'exposer simplement la vérité tout en détruisant les atroces calomnies dirigées contre nous. Je vous enverrai prochainement quelques chapitres, ceux qui traitent les questions les plus délicates, et vous jugerez par là de l'opportunité de mon travail. Quant à moi, je n'ai qu'un but : défendre la Compagnie contre ceux qui ne la connaissent pas, et la faire aimer de ceux qui la connaïssent?. » En fait, l'apologie préparée par le P. Binet ne fut jamais publiée; par crainte sans doute d'’aigrir le débat, on jugea préférable de garder le silence.

3. Aussi bien l'innocence gagne plutôt à n'avoir point d'avocat : un jour ou l’autre elle triomphe par elle-même. Ainsi en fut-il vers cette époque à Orléans, dans le conflit survenu entre l'évêque et les Jésuites de cette ville. Nicolas de Netz n'avait eu d’abord que de la bienveillance pour eux. Consacré à Paris en 1631, il fut reçu avec honneur au collège de Clermont où il présida une séance littéraire; il ne dédaigna pas de s’asseoir à la table de la communauté et voulut même prècher dans l’église. Mais, quand il eut pris possession de son siège, les familles religieuses de son diocèse, Carmes, Augustins, Dominicains, Franciscains, Jésuites s’aperçurent bientôt que, sous les dehors d’une condescendance polie, il ne les favorisait point et se passerait volontiers de leur ministère. Le Pape Urbain VIII venait d'octroyer un jubilé universel, et, à cette occasion, avait concédé aux confesseurs d’amples pouvoirs pour absoudre les pénitents. L’évêque d'Orléans les retira aux réguliers; il assigna aux fidèles, pour gagner le jubilé, le temps pascal, et leur interdit de se confesser aux religieux, à moins d’en avoir reçu la permission de leurs curés.

Après s'être concertés, les réguliers du diocèse députèrent à

1. Lettre de M£ Bichi au cardinal Barberini, 7 juin 1631 (Archives Vat., Nunz. di Francia, n. 74, f. 147).

2. Lettre du P. Binet au P. Général, 17 janvier 1632 (Francia, Epist. ad Gen., {. I, n. 91).

3. Lettre du P. Barthélemy Jacquinot au P. Général, 26 avril 1632 (Francia, Epist. ad Gen., t. I, n. 92). Cf. Cordara, Hist. Soc. Jesu, P. VI, 1. XVII, n. 216.

l'évêque deux d’entre eux qui le prièrent de lever une interdiction si contraire à leurs privilèges et au bienfait accordé par le Souverain Pontife. Les députés ne purent rien obtenir; ils en appelèrent au Saint-Siège. Irrité de cet appel qu'il considérait comme un outrage, le prélat, par une nouvelle ordonnance, menaca d'excommunication et de privation de sépulture ecclésiastique quiconque se confesserait aux religieux. Les fidèles hésitèrent, craignant d’encourir de si graves châtiments. Afin de les rassurer, on publia les réponses du Pape et de la Sacrée Congrégation faites autrefois en faveur des réguliers!.

L'évêque s'en prit alors au P. Recteur des Jésuites, très influent dans la ville. Persuadé qu'on avait agi d'après les conseils du P. Georges de La Haye, il déversa sur lui seul tout son courroux. Il se plaignit de sa conduite au roi et au cardinal de Richelieu, l’attaqua dans des libelles, lui défendit de monter en chaire et même de continuer les catéchismes qu'il faisait dans l’église du collège. Le P. Recteur obéit sur-le-champ, sans laisser échapper une parole de murmure. Huit Pères de la Compagnie qui prêchaient à Orléans imitèrent ce parfait exemple d’humilité, ce qui frappa d’admiration toute la ville. Mais on tenait à la prédication des Jésuites et l'on voulait, au sens même du Pape, la liberté du ministère apostolique. Plusieurs notables habitants s'adressèrent à Louis XIII et réclamèrent l'intervention de son autorité. Le roi connaissait et déplorait les sévérités de l’évêque, auquel il avait déjà conseillé plus de modération. 1l lui écrivit de nouveau l’exhortant à aimer, en bon pasteur, des religieux que lui-même estimait et prenait sous sa protection. Il l’engagea aussi à leur permettre d'exercer toutes leurs fonctions, comme ils faisaient auparavant. Touché enfin de ces remontrances, le prélat s’adoucit, changea sa manière, révoqua ses ordonnances et laissa le P. de La Haye remonter en chaire ; il accueillit même de bonne grâce, quelques jours après, le P. Recteur, quand celui-ci vint lui présenter ses hommages et ses remerciements. Dans la suite, Nicolas de Neiz ne cessa de donner aux Jésuites les preuves de la plus affectueuse bonté*,

L. Nous avions déjà raconté plus haut des tracasseries du même genre; nous en trouverons d’autres prochainement. Elles

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