‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 270 sur 375 · Le Mercure françois, t. XII, ann. 1638, p · texte numérisé non relu

Le Mercure françois, t. XII, ann. 1638, p

4, Voir plus haut, chap. vu, 2 7, p. 245.

COMPAGNIE DE JÉSUS. — T. V. k 23

l'empire des Turcs, comme aussy pour conserver aux chrestiens Le libre accès en la Terre Sainte, où tous les mystères de nostre salut ont esté opérés, et où il en reste diverses marques dignes d’une perpétuelle vénération.…

« Le premier soing done que ledit ambassadeur aura pendant qu'il sera par delà, sera de protéger et assister les chrestiens et catholiques du Levant, autant qu’il lui sera possible, interposant le nom et l'autorité de Sa Majesté partout où il jugera le pouvoir faire utilement pour leur bien et soulagement.

« Surtout il est important qu'il s’employe en toutes occasions pour maintenir les ecclésiastiques et les religieux en leurs églises, maisons et monastères... et qu'il soit vigilant et actif pour destourner les avanies et persécutions que les Turcs sont assez portés d’eux-mesmes à leur faire et à quoy ils sont mesme quelquefois excités par les hérétiques et les schismatiques. |

« Les Pères Capucins ont eu permission du Grand Seigneur de restablir des chapelles ou églises en divers endroits pour servir aux missionnaires qu'ils ont en ces quartiers là... Les Pères Jésuites ont aussy quelques maisons... dont, et de tout ce qui les concerne, Sa Majesté entend que ledit sieur ambassadeur en aït tout le soin possible.

« IL est de grande conséquence pour le bien de la religion que le patriarche grec de Constantinople ne soit pas ennemi de la foy catholique, comme estoit le défunt patriarche Cyrille qui adhéroit aux erreurs des hérétiques de deçà et les faisoit glisser dans l'Église grecque. Celuy qui luy:a succédé est mieux intentionné.… Il faut donc essayer de le maintenir dans sa charge et dans les bonnes inclinations qu’il tesmoigne pour la France.

« La plus importante affaire qu'il y.ayt maintenant à traicter et accommoder par delà est une injustice que les Turcs ont faicte aux religieux latins que l'on appelle Francs, leur ostant les clefs des lieux saints de Bethléem et les donnant aux Grecs qui, sur des écritures fausses, ont trouvé moyen de se faire mettre en possession desdits lieux... Il est nécessaire d'agir promptement pour faire remettre lesdites clefs ès mains des religieux francs, par lesquels ledit sieur ambassadeur se fera informer plus amplement de tout ce qui pourra servir à cet effect.

« Parmi les causes d'interruption du commerce, depuis quèlques années, la principale a esté l'affaire des dettes que le sieur de Césy a contractées pour le bien dudit commerce. Ledit sieur de La Haye sçait combien il est important pour le service

du Roy et la dignité de cette couronne de terminer cette affaire sans longueur ni retardement!. »

7. À Son arrivée à Constantinople, au mois d'octobre 1639, M. de La Haye trouva le siège patriareal occupé par un nouveau titulaire. Cyrille de Véria, déposé « pour avoir exigé une [trop] grande somme de deniers sur ses diocésains », avait été remplacé par « le Seigneur Parthéniot, métropolite d’Andrinople ? », Celui-ci, comme son prédécesseur, se montrait assez favorablement disposé à l'égard des catholiques et du Saint-Siège. Il accueillit avec une grande affabilité les Pères de la Compagnie de Jésus, lorsqu'ils vinrent lui présenter leurs hommages. Il déclara même plus tard au P. Supérieur de la résidence qu'il détestait les erreurs de Calvin répandues par Cyrille Lucar; il élait très affligé, ajouta-til, que l’on crût à Rome l'Église grecque entachée d’une telle souillure:$.

L'affaire des dettes du comte de Césy fut la première préocceupation de M. de La Haye. Il la termina heureusement et assez promptement, puisque le 13 juillet 1640 l’ancien ambassadeur pouvait partir pour la France“.

La question des Lieux Saints présentait plus de difficultés. Comme il s'agissait du bien de la religion et non d’un intérêt purement national, les puissances catholiques étaient toutes d'accord pour en exiger la restitution; mais leur Jalousie réciproque ne leur permettait pas de s'entendre sur les moyens d'atteindre le but. Le baile de Venise, l'ambassadeur de Pologne et Le résident impérial demandaient le rappel des Franciscains dépossédés. L'ambassadeur de France réclamait pour son roi, au nom des capitulations, la protection pure et simple des Lieux Saints, se réservant d'en confier la garde aux religieux qu’il choisirait; et le baile Contarini voyait dans cette prétention le résultat des intrigues des Jésuites et des suggestions des Capucins qui, grâce la faveur du P. Joseph, espéraient s'implanter en Palesime. Le patriarche grec de Jérusalem aurait désiré, pour son compte, que les Grecs fussent admis au partage des sanctuaires avec Les Latins. Aux différents mémoires qui lui furentremis

1. Instructions données à M. de La Haye-Vantelec (Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. VI, p. 320 et suiv.).

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