‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 295 sur 375 · Rapin, Histoire du Jansénisme, p. 8, 39 et s · texte numérisé non relu

Rapin, Histoire du Jansénisme, p. 8, 39 et s

cathédrale et Jansénius recut la direction d’un collège destiné d’abord aux Pères de la Compagnie de Jésus!. Durant les onze années qu'ils vécurent ensemble personne ne pénétra le mystère dont ils s'étaient entourés. Lorsque Bertrand d’Eschaux fut transféré à l’archevêché de Tours en 1617, les deux amis se séparèrent en convenant de certains chiffres pour s'écrire. Jansénius retourna à Louvain où lui fut confié le collège de Sainte-Pulchérie nouvellement fondé. Du Vergier s'établit à Poitiers auprès de M“ de La Roche-Posay qui résigna en sa faveur l’abbaye de Saint-Cyran en Touraine. Trois années plus tard, vers la fin de 1621, l'abbé de Saint-Cyran quittait son bienfaiteur pour venir à Paris où Arnauld d’Andilly, qui l'avait connu durant un voyage en Poitou, ne négligea aucune occasion de le produire. Par le commerce qu'il eut « à la faveur de cet ami » il put très vite s’avancer dans le monde-et même « faire de grands progrès à la cour? ».

Jansénius et Saint-Cyran se revirent à Louvain pour se consulter sur certains points qu’ils n'osaient confier au papier. « Ils s’entendirent expressément dès lors, dit Sainte-Beuve, sur le projet et les moyens de relever la doctrine de la grâce; ils convinrent de préparer prudemment et en secret, mais activement, les bases de la grande œuvre que Jansénius exécuterait surtout dans la portion d’érudition, et dont M. de Saint-Cyran propagerait l'esprit dans la pratique. Il parait même que ce dernier avait rédigé d'avance et qu'il posa avec son ami les têtes des chapitres les plus importants du livre de l’Augustinus. »

2. Nous avons raconté, au fur et à mesure des événements, les faits et gestes de Saint-Cyran à Poitiers et son rôle durant les premières années de son séjour à Paris. Nous savons déjà que l’acien élève de la Compagnie à Louvain ne laissa passer aucune occasion d'attaquer ceux à qui il avait promis une éternelle reconnaissance, L'auteur de tant d'ouvrages hostiles aux Jésuites allait bientôt, par suite de ses relations avec la famille

1. Plusieurs fois il fut question de confier le collège de Bayonne aux Jésuites : en 1606, après les prédications du P. Bayle; en 1610, après celles du P. Bord: en 1614 lors d’un voyage du P. Coton à Loyola; en 1615 au passage de ia princesse Elisabeth se rendant en Espagne. Toutes ces négociations, pour divers motifs, n'aboutirent à aucun résultat. De nouvelles tentatives faites en 1653, 1683 et 1748 n'eurent pas un meilleur succès (Cf. Dron, Histoire d’un collège municipal, p. 160 et s.).

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