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400 SOUS RICHELIEU. 1e SECONDE PARTIE.
exclusive des Pères, il faisait bon marché de la scolastique. « Ce sont les premiers scolastiques, disait-il, et saint Thomas lui-même, qui ont ravagé la Vraie théologie. » En vain lui objectait-on que Jésus-Christ avait édifié son Église sur la pierre, qu’il ne l’abandonnerait jamais, ainsi qu'il l’avait promis et que le Saint-Esprit l’assisterait toujours : « IL est vrai, répondait Saint-Cyran, que Jésus a établi son Église sur la pierre, mais il y a temps d’édifier et temps de détruire. Elle était son épouse, mais elle n’est plus maintenant qu'une adultère et une prostituée, et il veut qu'on lui en substitue une autre qui lui sera fidèle. »
Malgré les variantes avec lesquelles ces citations sont reproduites par les historiens ! on ne sauraït contester l’anthenticité du fond. « Pour nous, dit M. Fagniez, ces mots caractéristiques, où l’on reconnaît la présomption et l'esprit de révolte du sectaire, ont été prononcés et Saint-CGyran est dans ces mots-làa?. »
En présence des dangers que ces nouveautés de doctrine faisaient courir à la religion, Richelieu agit rigoureusement. Le 14 mai 1638, l'abbé de Saint-Cyran fut emprisonné au donjon de Vincennes. Quinze jours environ après son arrestation, un ordre de la cour enjoignit aux solitaires de quitter leur petit logis de Paris; avec la permission de l'archevêque ils se refugièrent à Port-Royal des Champs, puis à la Ferté-Milon.
. 5. Quand le chancelier instruisit le procès de Saint-Cyran, Zamet, appelé comme témoin par Laubardemont, sé récusa d’abord, prétextant qu'un évèque n'avait pas à répondre juridiquement devant un juge laïque dans une question de doctrine. Mais, sur la remontrance à lui faite qu'il ne pouvait refuser sa déposition sans l’ordre du chancelier, il alla présenter à celui-ci la déclaration suivante, signée de sa main et où sont dévoilées les manœuvres sectaires du prisonnier de Vincennes.
«Je n’ay aucune avertion pour les filles de Port-Royal, ny pour celles du Saint-Sacrement avec lesquelles j'ay depuis deux ans
1. Cf. Rapin, Sainte-Beuve, Jager, Fuzet, etc. tous les auteurs qui ont écrit sur le Jansénisme. Voir aussi les passages des curieuses lettres inédites dans Brucker, op. cût., pp. 372-375.