‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 304 sur 375 · Rapin, 0p. cûl., p · texte numérisé non relu

Rapin, 0p. cûl., p

3. Lettre de Jansénius à Saint-Cyran, 14 octobre 1620 (Lettres de Jansénius, 1. XIII, p. 27). Nous citons ces lettres d'après l'éditeur janséniste, François Duvivier (Dom Gerberon), lequel d’ailleurs a suivi le texte donné par le P. Pinthereau dans La naïis- . sance du Jansénisme. Cf. Sommervogel, op. cit., t. VI, col. 829.

hommes, et que les favoris de la grâce pouvaient seuls gagner le ciel. Et il s'épanchait avec Saint-Cyran sur « l'ignorance » de la cour de Rome dans les matières de foi et l'adresse de cette même cour dans le« maniement des affaires de Machiavel t ». Malgré les illusions dont il aimait à se bercer, Jansénius n’était pas pleinement rassuré sur la valeur et l’orthodoxie de son ouvrage. Saint-Cyran avait beau insister et l'encourager, il ne consentit jamais à le publier de son vivant. « Je trouve bon, lui écrivait-il le 10 juin 1622, que vous ne disiez rien au Général de l'Oratoire de l'Augustinus, car je crois qu'il n'est pas encore temps?. » Il n'osait, avouait-il un autre jour à son ami, découvrir à personne ses pensées sur la grâce et la prédestination dans la crainte qu’on lui fit un mauvais parti à Rome’. Soit repentir ou remords, soit crainte où pressentiment, il protesta même avant de mourir qu’il soumettait son livre au jugement du Saint- Siège. Dans un dernier testament, après avoir institué légataire de ses écrits son chapelain Reginaldus Lamœus et déclaré qu'il ne voit rien à modifier à sa doctrine, il ajoute : « Si pourtant le Saint-Siège y veut faire quelque changement. je suis fils d'obéissance, enfant soumis de la sainte Église dans laquelle j'ai vécu jusqu’à mon lit de mort. Telle est ma volonté suprème k y Cette déclaration in extremis ne faisait que confirmer l'acte de soumission plus explicite encore qu'on peut lire dans l'Epiloque de tout l'ouvrage. Après avoir dit qu'il a beaucoup travaillé et beaucoup prié pour bien saisir la doctrine de saint-Augustin, l'évêque d’Ypres finissait par cet humble aveu : « Mais je n'aurai pas l'arrogance de croire que je ne me sois écarté de sa pensée en aucun point. Je suis homme et sujet aux méprises humaines... Si parfois j'ai mal interprété des endroits obscurs, je serai très heureux qu’un autre en découvre le véritable sens. En attendant, tout ce que j'ai avancé, non d'après moi-même mais d’après le saint docteur, je le soumets au jugement du siège apostolique et de l'Église romaine ma mère. Dès ce moment j'accepte, je rétracte, je condamne et anathématise tout ce qu'elle décidera que je dois accepter, rétracter, condamner et anathématiser®. » La composition de l’Augustinus que les disciples de Jansé-

. Du même au même, 20 janvier 1622 (bidem, 1. XXI, p. 45-46). . Du même au même, 10 juin 1622 (Zbidem, 1. XXXIL, p. 8t)- . Du même au même, 5 avril 1621 (Zbidem, 1. XVI, p. 32). . Testament de Jansénius, parmi les pièces préliminaires de l'Augustinus (Edit. de Paris, 1641) après la Synopsis vitae auctoris. 5. Epilogus omnium à la fin du t. HE (/bidem, p. 458).

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