Dupleix, Histoire de Louis-le-Juste, t. IL p
2. Le titre complet du libelle était: Optati Galli de cavendo schismate ad Illustrissimos ef Reverendissimos Ecclesiae Gallicanae primates, archiepiscopos,
episcopos, liber paræneticus.
3. Lettre de Richelieu à M. Molé, 24 mar 40 (Avenel, op. cit., VIE, 256).
et injurieux, propre à troubler la paix publique, à inspirer de l’aversion pour le Roi et pour ses ministres, à éloigner les Fran-
çais de l’obéissance et de la soumission qu'ils doivent au roi, sous
le prétexte d’un schisme qu’il invente par une insigne malice, et
à exciter des factions, des rébellions et des séditions ». En consé-
quence, défense était faite à tous leurs diocésains « de le lireet de le retenir, à peine d’encourir les censures ecclésiastiques ! ».
Cette condamnation fut approuvée et signée le même jour par
seize autres archevèques et évêques qui étaient alors à Paris?.
Richelieu avait chargé en même temps quatre écrivains de réfuter le libelle de Charles Hersant: Parmi eux se trouvait un neveu du P. Sirmond * et un religieux de la Compagnie, le P. Michel Rabardeau. Avant la fin de 1640, trois de ces réfutations furent publiées; celle du jésuite ne parut que l’année suivante. Elle était intitulée : Optatus Gallus de cavendo schismate.… benigna manu resectus. Rabardeau est, de tous, celui qui a traité la matière avec le plus d’ampleur et de méthode; il défend aussi très longuement le cardinal du dessein que Charles Hersant lui prêtait de vouloir faire créer un patriarche en France. Mais, quand il étudie la question en soi, 1l tombe dans plusieurs erreurs; il ne craint pas, par exemple,d’avancer que la création d'un patriache n’a rien de schismatique et que le consentement de Rome n’est pas plus nécessaire pour cela qu'il ne l’a été pour établir les patriarches de Constantinople et de Jérusalem #.
Une telle opinion, comme tout l’ensemble de l’ouvrage, dut beaucoup plaire au grand ministre. Qu’en pensait le P. Provincial d'alors, le P. Jacques Dinet”? Comment les réviseurs de la Compagnie n’avaient-ils pas exigé des corrections? Il y a là un mystère que nous n’avons pu éclaireir. Seule la correspondance
1. Censure des évèques de la province de Paris, 28 mars 1640 (Bibl. de S®-Geneviève, mss. 3238, fol. 487).