‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 32 sur 375 · Rapin, op. cüt., p · texte numérisé non relu

Rapin, op. cüt., p

3. Jager, Histoire de l'Église catholique en France, t. XV; Il, D. 126.

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avez su sans doute tout ce qui s’est fait ici; j'en suis réduite à me considérer comme la plus malheureuse des femmes. Privée de la présence et des services de ceux qui m'étaient dévoués, je reste seule au milieu de gens barbares. Plus d'espérance, si ce n’est en Dieu et en la reine ma mère. Je vousen supplie, mon Père, exposez-lui le misérable état dans lequel je suis condamnée à vivre jusqu'à ce qu'il me soit permis de la revoir. On veut violenter ma conscience et on ne laisse à mes côtés que des huguenots. Ce n’est certainement pas ma faute, si je me trouve dans cette déplorable situation. Aussi ai-je confiance que Dieu m’assistera. Je ne doute pas qu’on ne se porte aux extrêmes pour faire violence à mon âme, mais tous leurs efforts n’aboutiront qu'à me rendre meilleure catholique. Que Votre Révérence veuille bien prier pour moi. Je m'arrête; les larmes m'empêchent de continuer et je n’ajoute qu'un mot : Adieu Henriette- Marie. »

Pour comble d’infortune, l’Église d'Angleterre épuisée par quarante ans de persécution n'allait bientôt trouver dans le pasteur auquel le Saint-Siège l'avait confiée qu’un surcroit à sa douleur. Alors qu’elle n'avait de sécurité que dans le mystère et l'oubli, Richard Smith, à partir de 1627, lui imposa des règlements qui la forçaient à se montrer au grand jour : il érigea un tribunal devant lequel tous les ecclésiastiques devaient rendre compte de leurs ministères, créa, pour l'exercice de sa juridiction, des charges publiques dans les villes et les campagnes, et abrogea tous les privilèges des réguliers. Les anciens missionnaires, qui avaient la confiance des fidèles, furent remplacés par de nouveaux venus que personne ne connaissait?. Les catholiques, quoique blessés dans leurs affections et troublés dans leur retraite, parurent d’abord se résigner, puis, leurs dangers croissant, ils se répandirent en plaintes amères et se crurent permis de violer les prescriptions de l’évêque : ainsi, pour l'administration des derniers sacrements aux malades, recourait-on au prêtre que le hasard amenait ou à celui dont la présence n’éveillait point l'attention des persécuteurs . Richard Smith, dans un faux zèle, s’imagina que ce dédain de la hiérar-

1. « Copia litterarum manu reginae Angliae scriptarum ad P. Suffren, 23 sept. 1626, ex Gallica lingua in Latinum sermonem redacta, » et de nouveau traduite par nous en Francais (Anglia, Hist. Prov., t. IT, f. 167). Cf. De Baïllon, Henriette-Marie de France, p. 350. :

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