‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 33 sur 375 · Rapin, op. cût., p · texte numérisé non relu

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chie mettait les âmes en péril et déclara nulles les confessions faites aux religieux non approuvés par lui!. On devine l’anxiété des fidèles qui avaient agi de bonne foi. L’évèque, il est vrai, revenant sur sa rigueur excessive, voulut bien reconnaître, Jusqu'à décision du Saint-Siège, la validité des absolutions données par les réguliers et leur accorder à tous les pouvoirs ? ; mais l'émotion et l’anxiété des catholiques n’en persistaient pas moins. Un religieux de la Compagnie entreprit alors de les délivrer de leurs craintes en publiant, sous le voile de l’anonyme, un mémoire où étaient réfutées les injustes prétentions de Richard Smith. Dans cet écrit rien d'injurieux pour sa personne, mais on Jui montrait, compromise par l’inopportunité de ses nombreuses ordonnances, le peu de liberté que les lois civiles laissaient aux fidèles pour l'exercice de leur culte : ils étaient maintenant dans l'alternative, ou de désobéir à leur évêque, ou de se livrer à leurs persécuteurs. D'ailleurs, à quoi bon cette hiérarchie intempestive? Elle est si peu essentielle à la religion, que sans elle, depuis de longues années, les catholiques anglais ont persévéré dans la foi de leurs ancêtres 5.

Sages remontrances qui méritaient au moins d'être écoutées. Elles soulevèrent entre les religieux et les prêtres séculiers une discussion plus vive qu'il ne convenait à des disciples du même Maitre *. Le P. Blount, persuadé que l’évêque de Chalcédoine outrepassait son droit et ses pouvoirs, crut terminer la controverse en demandant au prélat de montrer un document authentique comme preuve de l'autorité qu'il s’arrogeait. Richard Smith se contenta d'affirmer ce qu’il ne pouvait prouver. Dans une lettre aux catholiques d'Angleterre et d'Écosse, il protesta qu'il avait reçu du Saint-Siège les pouvoirs accordés à chaque évêque dans son diocèse, qu'il était donc le seul à qui tous devaient obéissance, le seul juge de toutes les causes, le seul chargé de gouverner et de punir les délinquants ÿ. Cette lettre, rapidement répandue, jeta dans la consternation tous les catho-

1. « Testimonium authenticum quod Ep. Chalced. dixerit confessiones Regularibus ab ipso non approbatis factas esse invalidas, 6 oct. 1627 ». (Angl. Hist. Prov., t. III, HAE ET AT Regulariumab Ep. Chalcedonensi conceditur » (Ibidem, f. 391). Les religieux envoyés par le Souverain Pontife en Angleterre n'avaient pas besoin pour confesser de l'approbation de l’Evêque. Jbidem, fol. 294, 295 : « Cur non sint danda nomina omnium PP. Soc. Jesu in Anglia Re Chalcedonensi, ut ipse postulat » : la principale était la nécessité de se cacher.

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