‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 322 sur 375 · Le Mercure françois, t. XXIV, an 1642, p. 515. Pipe · texte numérisé non relu

Le Mercure françois, t. XXIV, an 1642, p. 515. Pipe

3. Nous suivrons pour le récit de leur mort la Relation du P. Mambrun (Revue rétrospective, 2° sér., t. VI); — Les Particularitez remarquées à la mort de MM. de Cinqg-Mars et de Thou (Archiv. cur:de l'hist. de France, 2° sér., t. V), et

l'Histoire du règne de Louis XII par le P. Griffet qui utilisa les pièces du procès.

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assurer que vous ne souffrirez pas la question. Je vous accompagnerai dans le lieu où l’on va vous conduire, pour être caution de la parole que je vous donne!. » Au retour de la chambre de la gène, M. de Cinq-Mars s’entretint quelques instants avec M. de Thou resté dans la salle d'audience du présidial. Ils se demandèrent mutuellement pardon; puis, après s'être embrassés ils se séparèrent en disant qu’il était temps de mettre ordre à leur salut?. -

CM. de Thou, raconte le P. Mambrun, me fit appeler environ une-heure après midi. Me voyant près de soi, en la salle d’audience, il m’embrassa, me dit qu’il était condamné à mort, qu'il fallait bien employer le temps qui restait, et me pria de ne point le quitter et l’assister jusques à la fin. Il me dit encore : Mon Père, depuis qu'on m'a prononcé ma sentence, je suis plus content et plus tranquille qu'auparavant. L’attente de ce qu'on ordonnerait et l'issue de cette affaire me tenait en quelque perplexité et inquiétude; maintenant je n’ai plus d'espérance ni d'affection pour cette vie; je ne veux plus penser aux choses du monde mais au paradis, et me disposer à la mort. Je n’ai aucune amertume ni malvaillance contre personne; mes juges m'ont jugé en hommes de bien, équifablement et selon les lois: Dieu s’est voulu servir d’eux pour me mettre en son paradis et me prendre en ce temps auquel par sa bonté et miséricorde je crois être bien disposé à la mort. Je ne puis rien de moi-même: cette constance el ce courage que j'ai, provient de sa grâce?. » Ces entretiens spirituels se prolongèrent plus d’une heure; puis il se confessa au bout de la salle d'audience avec les marques de la plus vive piété.

M. de Cinq-Mars s'était retiré dans une chambreavec le P. Malavalette. Après une confession générale de toute sa vie, qu'il fit avec un sincère repentir, il pria son confesseur de demander très humblement pardon, en son nom, au roi et au cardinal. « Rien ne l'avoit tant étonné, disait-il, que de se voir abandonné de tous ses amis, ce qu'il n’auroït jamais cru... Mais il connoissoit enfin qu'il ne s’y falloit point fier et que toutes les amitiez de cour n'estoient que dissimulation. Le Père luy respondit que telle avoit tousjours esté l'humeur du monde,qu'l ne s’en falloit point estonner; et ensuite il cita un vieux distique d'Ovide :

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