LE COŒUR DE MARIE DE MÉDICIS A LA FLÈCHE
pour réclamer l'exécution d’une des dernières volontés de Henri IV, à laquelle ils attachaient le plus grand prix. Aussitôt après Le décès de Marie de Médicis ils avaient rappelé au roi que son illustre père, dans l’édit de fondation du collège, avait choisi leur église « pour estre le domicile de son cœur et de celuy de sa très chère espouse ! ». Sa Majesté, « ayant leu l’article de la déclaration, leur accorda leur requeste, et par un excès de sa bonté royale leur promit d’abondant son propre cœur pour estre mis après la mort en leur église de Saint-Louis à Paris, de laquelle il estoit fondateur ? ».
Lors donc que les restes de la princesse Florentine eurent été placés dans l’église Saint-Denis auprès de ceux du Béarnais, M. de Chavigny ordonna, de la part de Louis XIII, aux religieux de l’abbaye de livrer le cœur de la reine mère à Monsieur de Meaux, premier aumônier de Sa Majesté, « duquel lesdits Pères Jesuites le recevront, et autres que eux ne seront commis pour le conduire jusques audit lieu de La Flèche ? ». Le 28 mars 1643 on ouvrit le cercueil et le prélat remit « le précieux gage » entre les mains du P. Louis Le Mairat, supérieur de la maison professe de Paris, « qui le transporta incontinent en ladite maison » où il reposa quelques jours dans la sacristie de l’église.
Le dimanche de Quasimodo, 12 avril, fut choisi pour le transfert au collège Henri-IV, et le P. Louis Cellot, recteur, en fut aussitôt averti. IL s’empressa de communiquer la nouvelle aux magistrats du présidial et aux officiers municipaux. Puis, sachant qu’ils avaient « le dessein de coopérer à l'honneur du convoy », il voulut en régler avec eux tous les détails; précaution nécessaire à une époque où les jalousies locales étaient tenaces, où les questions de préséance avaient une importance excessive. On ne s’entendit pas complètement, et faute d’avoir pu prendre sur tous les points des décisions fermes, diverses circonstances provoquèrent au dernier moment des contestations et même des collisions qui troublèrent la cérémonie. Laissons la parole à un témoin oculaire, non jésuite 4. Il nous parle d’abord des dissen-