DERNIERS JOURS DE LOUIS XIE
€ Après midy l’aumosne générale de pain et d'argent se fit à tous les pauvres qui se présentérent dans la cour du collège des pensionnaires. » Le reste de la semaine fut employé « à rendre les derniers honneurs scolastiques à la glorieuse mémoire des deux cœurs unis de Henry le Grand et de la Reine mère : ce qui se fit en trois actions funèbres très bien composées et représentées sur le théâtre par la fleur de la jeunesse du collège ».
Plus tard, l’urne contenant le cœur de Marie de Médicis sera placée dans une niche, du côté de l’épitre, « sous la garde de la Prudence et de la Douceur ». En face, du côté de l'Évangile, « la Force et la Justice veilleront sur le cœur de Henri IV1 ».
5. Pendant que l’on rendait les devoirs suprêmes aux restes de la reine mère à Paris et à La Flèche, la santé de Louis XIII donnait déjà de sérieuses inquiétudes. Nous touchons à la fin du règne de ce prince qui a si sincèrement aimé la Compagnie de Jésus, et dont l'âme, depuis l'enfance, est demeurée dans les mains de directeurs jésuites. Sa piété parut avec plus d'éclat que Jamais durant la maladie qui devait l'emporter ; aussi un témoin de ses derniers jours et de son trépas, le P. Jacques Dinet, a-t-il pu intituler la relation qu’il en a faite L'idée d’une belle mort où d'une mort chrétienne ?. C’est ce récit que nous suivrons de préférence comme le plus exact et le plus édifiant; nous le compléterons par le Mémoire fidèle de Dubois, valet de chambre de Sa Majesté*, et l'Histoire du P. Griffet, composée sur des témoi= gnages contemporains #. |
« La maladie qui donna les premières attaques au Roy devant Perpignan, écrit le P. Dinet, l’avoit réduit à ce point de débilité et de langueur, qu'il ne regaigna qu’à toute peine le doux air de Fontainebleau et de Saint-Germain, et là mesme il éprouva une si grande variété dans les changements d’une santé incertaine dendant les mois d’aoust, de septembre, d'octobre, de novembre, de décembre et jusques à la my-février de l’année 1643, que,