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roi, les mains jointes et les yeux au ciel, répondit d’une voix faible à toutes les prières. « Comme j’apperçeus que sa voix mourante diminuoit fort, rapporte le P. Dinet, je m'approchay pour lui dire que je le priois de se contenter de répondre seulement de cœur, parce que notre oraison seroit un peu longue, et il me l’accorda incontinant. » Il prononca encore plusieurs fois le nom de Jésus, puis il perdit l'usage de la parole, et entra en agonie. Sur les trois heures après midi « son âme se détacha si paisiblement et si imperceptiblement de son corps que le dernier moment de sa vie nous surprit tous! ». Il était mort dans la quarante-deuxième année de son âge, et de son règne la trentetroisième, le même jour et presque à la même heure que son père Henri IV. On exposa le corps sur un lit de parade; tout autour se tenaient en prières vingt-quatre religieux de divers ordres, parmi lesquels douze Jésuites, psalmodiant nuit et jour et se relevant de quatre heures en quatre heures. Ils ne se retirèrent que lorsqu'il fut transporté de Saint-Germain à Saint- Denis?.
Une lettre écrite le lendemain du décès par M. Vincent de Paul
à M. Cadoing, supérieur de la Mission à Rome, confirme l’impression du P. Dinet sur la mort de Louis le Juste. « Il a plu à Dieu, disait-il, de disposer de notre bon roi... Depuis que je suis sur la terre, je n’ai vu mourir personne plus chrétiennement... Je n'ai jamais vu une plus grande élévation à Dieu, une plus grande tranquillité, une plus grande crainte des moindres actions qui peuvent être péchés, une plus grande bonté ni un plus grand Jugement en une personne d'un tel état5. » Le protestant Grotius, ambassadeur de Suède en France, ne tenait pas un autre langage : « Le Roi Très Chrétien, écrivait-il le 6 juin 1643, a donné au moment de sa mort tous les exemples de pénitence, de patience et de piété chrétienne. Il n’est personne qui ait pu le voir ou l'entendre sans revenir meilleuré. » :
T. Pour accomplir une des dernières volontés de Louis XIII, la régente Anne d'Autriche confia à M. de Liverdis, un des aumoniers du roi défunt, le soin de porter son cœur aux Jésuites de la maison professe de Saint-Louis. Il partit de Saint-Germain en