‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 347 sur 375 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

partyes nécessaires pour cela, comme ledit P. Bragelonne!. ».

Cette fois il appartenait assurément à un disciple de saint Ignace de rendre ce suprême honneur à l’auguste prince qui, n'ayant jamais cessé de combler la Compagnie de Jésus des témoignages de son affection et de sa bienveillance, l'avait laissée, en mourant, très florissante dans son royaume. Elle y comptait alors, répartis en 5 provinces, 75 collèges, k maisons professes, 7 noviciats, 17 résidences, 6 missions, plus de 2.000 sujets ?.

Ainsi avait crû, dans l’espace d'un siècle, la Compagnie de Jésus implantée en France, l’an 1540, par une colonie de jeunes religieux reçus à titre de boursiers au collège des Trésoriers. Elle mit vingt-deux ans à obtenir l'admission légale dans le royaume, tant les ennemis du Pape et de l'Église avaient peur d'elle. Depuis lors, partageant le sort de son chef ici-bas, méconnue ou calomniée, elle a toujours combattu les puissances des ténèbres. Consumant toutes ses forces à la défense de la foi, elle n’a pas cessé de bien servir la patrie en lui conservant ou en lui infusant la vie chrétienne.

Adversaire née de la Réforme, elle a grandi sous ses coups et même, on peut le dire, en proportion de la haine que lui vouèrent les protestants. A cette haïne, en effet, les catholiques comprirent que Luther et Calvin avaient trouvé leur maître ; ils éprouvèrent le sentiment de Henri IV disant au sujet des clameurs dont les

1. Lettre de Fontenay-Mareuil à la Régente, 23 juin 1643 (Archiv. des Aff. Etrang., Rome, corrésp., t. 78, fol. 141). — Du même, 1° juillet 1643 (1bid., fol. 149). 2. PROVINCE D'AQUITAINE : 11 collèges (Agen, Angoulême, Bordeaux, Fontenay-le-

Comte, La Rochelle, Limoges, Pau, Périgueux, Poitiers, Saintes, Tulle). — 1 maison professe (Bordeaux). — 1 noviciat (Bordeaux). — 3 résidences (Bergerac, Marennes, Saint-Macaire). — 1 mission (Clairac).

PROVI\CE DE CHAMPAGNE : 14 collèges (Autun, Auxerre, Bar-le-Duc, Chaumont, Charleville, Châlons-sur-Marne, Dijon, Langres, Metz, Pont-à-Mousson, Nancy, Reims, Sens, Verdun). — 1 noviciat (Nancy). — 2 résidences (Épinal, Saint-Mibhiel).

PROVINCE DE France : 18 collèges (Alençon, Amiens, Arras, Blois, Bourges, Caen, Eu, La Flèche, Hesdin, Moulins, Nevers, Orléans, Paris, Quimper, Rennes, Rouen, Tours, Vannes). — 1 maison professe (Paris). — 2 noviciats (Paris, Rouen). — 3 résidences (Bapaume, Dieppe, Pontoise). — 2 missions (Saint-Malo, Châtillon-le-Roi).

PROVINCE DE Lyon : 16 collèges (Aix, Arles, Avignon, Besancon, Carpentras, Chalonsur-Saône, Chambéry, Dôle, Embrun, Le Puy, Lyon Trinité, Lyon Notre-Dame, Nîmes, Roanne, Vesoul, Vienne). — 1 maison professe (Grenoble). — 2 noviciats (Avignon, Lyon): — 9 résidences (Bourg-en-Bresse, Fréjus, Gray, Mâcon, Marseille, Paray, Pignerol, Pontarlier, Salins). — 2 missions (Die, Montélimar).

PRovINCE pe TouLouse : 16 collèges (Alby, Aubenas, Auch, Aurillac, Béziers, Billom, Cahors, Carcassonne, Clermont-Ferrand, Mauriac, Montpellier, Montauban, Pamiers, Rodez, Toulouse, Tournon). — 1 maison professe (Toulouse). — 1 noviciat (Toulouse). — 1 mission (Annonay).

calvmistes Dieppois accueillirent les prédications du P. Gontery : «Le mouvement des humeurs prouve que le remède commence à produire un effet salutaire. » Bientôt, ce remède providentiel était réclamé de toutes parts: pasteurs et fidèles appelaient les Jésuites, leur confiaient la prédication, la controverse, la direction des âmes et l'instruction de la jeunesse.

Le succès de la nouvelle milice augmenta la résistance des Réformés qui trouvèrent contre elle des alliés dans les Universités et les Parlements parmi leurs coreligionnaires ou les catholiques « à gros grain ». Le trouble des esprits à l'époque de la Ligue favorisa cette cabale et lui permit un triomphe momentané : quelques mois après le sacre de Henri IV, les Jésuites furent bannis par un arrêt du Parlement de Paris du 29 décembre 1594, Mais, neuf ans plus tard, le prince mieux informé les rétablissait : « Je Vous ay aymés, leur dit-il, et chéris depuis que je vous ay cogneus Sçachant bien que ceux qui vont à vous soit pour leur instruction soit pour leur conscience en reçoivent un grand profict. » En vrai roi qui veut le bonheur de son peuple il aida la Compagnie à se recruter, à fonder des résidences et des collèges.

Lui mort, nous avons vu Marie de Médicis et Louis XIII, avec une sympathie inaltérable, continuer à l'Ordre de Saint Ignace les bienfaits de la protection royale. Cependant l'esprit d’erreur et de mensonge ne désarmait pas. Jaloux de l'influence croissante des Jésuites et enchainé par leur multiple apostolat, il imagina de les représenter comme les ennemis du gouvernement et de la patrie : ce sont eux qui ont tué Henri IV, leur insigne bienfaiteur; ce sont les tenants du tyrannicide; ils travaillent pour l'Espagne ; ils veulent faire du Roi l'humble serviteur et l’aveugle instrument du Pape. Contre eux donc le gallicanisme, sous des formes diverses, mena la bataille dont les péripéties ont été décrites dans nos deux derniers volumes. Que nous ont-ils montré? Le plus français et le plus susceptible des ministres, le très gallican Richelieu, favorisant de tout son crédit et parfois de sa bourse les œuvres de la Compagnie de Jésus. C’est qu'à l'épreuve il l’a trouvée aussi respectueuse de l'autorité légitime du Roi Très Chrétien que ferme dans la défense des droits imprescriptibles du Vicaire de Jésus-Christ; il l'a jugée l'un des meilleurs soutiens du pouvoir temporel par son zèle pour la sanctification des âmes et par Son attachement mème à la pure doctrine de l’Église romaine sur le pouvoir spirituel.

À toutes les calomnies élevées contre les Jésuites français du

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