D’Avrigny, op. côt., t. IE, p
2. Lettre des archevéques et évêques se trouvant à Paris, à tous les archevêques et évêques de France, 10 févr. 1631 (Annales des soi-disans..., p. 478).
4, Fuzet, Les Jansénistes du xvn° siècle, p. 85.
P. William Talbot, alors en résidence à la maison professe pour les confessions des Anglais!, représenta aux docteurs de Sorbonne la misérable condition des temps; ils portèrent, le 15 février 1631, une censure à peu près semblable à celle des évèques?. Elle condamnait tout ce qui semblait un empiètement sur le pouvoir de l’Ordinaire, déclarait la nécessité du sacrement de confirmation qu’elle établissait par les anciens canons, et ne disait pas un mot de la question principale, à savoir l’état pitoyable de l’église d'Angleterre, réduite à se cacher dans les exercices les plus communs de la religion *.
Richard Smith triomphant s’empressa d'écrire à la Faculté pour la remercier avec effusion de l'avoir vengé des factieux. Il ne tarit point d’éloges envers la Sorbonne si vigilante à déraciner l'erreur, à la poursuivre et à la condamner. « En attendant, conclut-il, le remède qu'il plaira au Souverain Pontife d'apporter à nos maux, votre censure nous servira d’un puissant renfort contre les nouvelles entreprises que les Jésuites voudroient faire dans notre église et contre les dogmes pernicieux qu'ils oseroient encore répandre parmi le peuple“. »
8. Tout autres furent les sentiments de la noblesse catholique d'Angleterre. Blessée des reproches qui lui venaient du côté de la France, elle s’en plaignit au marquis de Châteauneuf, notre ambassadeur à Londres, protesta contre la censure des évêques et en appela au Souverain Pontife 5. Urbain VIII ordonna d'examiner avec soin l’objet de la controverse, et, après avoir entendu les raisons apportées de part et d’autre, il résolut de couper court à de nouvelles discussions. IL écrivit donc, le 10 mai 1631, à l’évêque de Chalcédoine, aux deux clergés et aux laïques d'Angleterre, une lettre en forme de Bref, par laquelle, tout en s’efforçant de pacifier les esprits, il se prononcait en faveur des religieux. Le Pape commençait par décerner de magnifiques louanges aux catholiques pour leur constance à défendre la foi de leurs ancêtres: il les exhortait ensuite dans un ferme et paternel langage à la concorde et à la charité. Enfin
1. Lettre du P. Général au P. Talbot, 25 août 1629 (Augl. Epist. Gen., t. 1605-
P Re de la Faculté de théologie, 15 février 1631 (D’Argentré, Coll. Judic., t. IL, P. IL, p. 326-328).