‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 38 sur 375 · Cf. Rapin, p · texte numérisé non relu

Cf. Rapin, p

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il défendait à tous, sous peine d'excommunication latae sententiae, de renouveler les anciennes discussions. « Nous voulons et décrétons, ajoutait-il, que la connaissance et le jugement en soient réservés au Saint-Siège. Et afin que les consciences des fidèles cessent d’être tourmentées de craintes et de serupules, nous déclarons que les confessions entendues par les prètres réguliers ont été valides et le seront à l'avenir. C’est au nom de l'autorité apostolique que les religieux ont exercé et exerceront ce ministère pour lequel la permission ou l'approbation de l’Ordinaire n’est et ne sera point requise. Que les missionnaires continuent donc d’user de leurs pouvoirs et privilèges, de la même manière et avec la même autorité qu'ils l'ont fait avant ces controverses, du temps de Grégoire XIII et de Paul V d’heu-

reuse mémoire |. »

Rome ayant parlé, il ne restait qu’à obéir en silence. Malheureusement, on n'eut pas le courage de s'y résoudre. Bientôt parurent trois nouveaux écrits pour la défense de Richard Smith. Ils étaient intitulés, le premier : Dépravations trouvées dans la version latine de deux livres condamnez depuis peu par la Faculté de théologie de Paris, faite par les Jésuites d'Angleterre; __ Je second : Courte, briève et nécessaire déclaration du droit épiscopal que l'évêque de Chalcédoine a sur les catholiques d’Angleterre; — le troisième : Apologie des Jésuites anglais pour l'évêque de Chalcédoine et pour son autorité épiscopale sur les catholiques d'Angleterre, pendant la persécution. Ge dernier portait le nom d’Apologie des Jésuites parce que l'auteur se servant de leurs termes et de leurs raisons contre leurs écrits, les faisait ainsi parler eux-mêmes pour l'autorité épiscopale *. Ces trois ouvrages passèrent à peu près inaperçus.

On vit en mème temps paraitre deux écrits latins pour la défense des auteurs condamnés à Paris. L'un, contre la censure de la Facuité de théologie, était intitulé : Éponge pour effacer les calomnies imposées aux livres de l'Apologie du Saint-Siège ; l'autre, contre la lettre circulaire aux évêques, avait pour titre : Plainte apologétique de l'Église anglicane. Ces deux ouvrages soutenaient que les censures étaient injustes, injurieuses aux Papes et aux Ordres religieux, et que celle de la Faculté de théologie contenait en outre des erreurs contraires à la fois,

1. Brevis pontificii particula (Cordara, op. cit., 1. XEI, n. 40). >, Ellies Dupin, op. cil., t. 1, p. 473.

3. Lettre du cardinal Barberini à M£" Bichi, 30 août 1631 (Archiv., Vat., Nunz. di

Is portaient l'un et l'autre le nom d’Herman Loëmelius, d'Anvers, licencié en théologie, chanoine théologal de Saint-Omer, mais on soupconnait les Jésuites d’en être les auteurs. L'archevêque de Paris fit appeler les Supérieurs des maisons de la capitale pour les interroger à ce sujet. Ils purent répondre en toute conscience qu'ils ne savaient rien'. Le secret caché sous le pseudonyme ne fut en effet découvert que plus tard. Deux lettres du P. Général, adressées au P. Floyd le 23 juillet et le 3 décembre 1633, ne nous permettent pas de douter que les deux nouveaux écrits ne sortissent de la plume du professeur jésuite de Saint-Omer*.

Quoi qu'il en soit, les écrits de Loëmelius avec leurs solides arguments, produisirent sur les esprits non prévenus une impression profonde, et les adversaires durent s'escrimer à la détruire. Francois Hallier, docteur de la maison de Sorbonne, publia en 1632 une Défense de la hiérarchie ecclésiastique et de la censure de la Faculté de Paris contre l'Éponge d’ Herman Loëmelius 3. Quelques mois après, parurent sous le nom de Petrus Aurelius deux ouvrages écrits avec feu et sans ménagement, l'un en faveur de la même censure ‘, l’autre pour défendre la lettre circulaire aux évêques de France*. L'auteur y mettait un soin extrème à s’insinuer dans les bonnes grâces de l’épiscopat en exaltant la discipline de l'Église ; zèle hypocrite, ear personne mieux que lui ne s’entendait à ruiner la hiérarchie dont il bouleversait tous les principes... « Il faisait la dignité d’évèque égale à celle du Pape; il prétendait, comme Antome de Dominis, que l’état de l'Église n’est point monarchique; il égalait les conciles provinciaux aux conciles généraux...; enfin il renversait, de son chef, tout ce qu’il y avait de plus saint et de mieux établi dans l’ordre hiérarchique, » Ce n’est pas tout. En prenant à partie les auteurs des livres condamnés, il s’abandonnaït

Francia, n. 74 À, f. 45, 46). Lettre du nonce à Barberini, 28 octobre 1631 (Ibidem, f. 155, 156). Cf. D’Avrigny, op. cût., t. IL, p. 9.

1. Le 2 août 1631, le P. Général écrivait au P. Binet : « Duo autem illi posteriores libri… contra censuram Parisiensem non modo inscio mé prodierunt, verum etiam nullo modo existimo quod ab ullo ex nostris compositi sint atque editi » (Francia Épist. Gen., t. V). Cf. Rapin, p. 224.

2. Lettres du P. Général au P. Floyd, 23 juillet et 3 décembre 1633 (Anglia, Epist. xen., t. 1605-1641).

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