Rapin, p
à un déchainement perpétuel contre toute la Compagnie de Jésus : Suarez, Vasquez, Bellarmin n'étaient que des ignorants; le P. Sirmond s'était trop adonné à l'étude des belles-lettres pour posséder une connaissance approfondie des Pères et des conciles; quant au prince Charles de Lorraine, qui avait préféré l’'habit de Jésuite à tous les honneurs, « il devait avoir commis quelque grand crime pour embrasser une vie si extraordinaire ».
On comprend ce ton dédaigneux, ce style irrité, quand on sait que Petrus Aurelius n'était autre que Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran. Il n’aimait point la Compagnie dans laquelle il pressentait un adversaire redoutable de ses projets schismatiques. Il avait analysé tous les livres publiés contre elle en Hollande et en Angleterre! ; aussi fut-il pendant deux ans, de 1632 à 1634, merveilleusement fécond, grâce surtout à l’aide de plusieurs collaborateurs : Martin de Barcos, son neveu: Cordier, jésuite apostat; Aubert, principal du collège d’Autun et humaniste distingué *.
9. Quelle fut au cours de cette nouvelle dispute la conduite des Jésuites de France? Après quelques hésitations ils se décidèrent à garder sur la matière en litige un silence que leur avaient d’ailleurs recommandé le P. Général et le Souverain Pontife*: mais ils se plaignirent au roi des attaques d'Aurelius et demandèrent la suppression de ses ouvrages. Le clergé craignant qu’elle ne retombât sur le fond même de la cause, s'y opposa de toutes ses forces. Les Pères publièrent alors un recueil des calomnies, mensonges et injures débités contre eux. IL y fut aussitôt répondu par un autre recueil sous ce titre : Réfutation des passages que les Jésuites ont ramassés comme leur étant injurieux, tirez des livres de Petrus Aurelius. On y joignit un Recueil d’injures, pétulances et mensonges des Jésuites d'Angleterre contre les évêques de France et la Faculté de Théologie de Paris extraits de l’'Eponge et de la Plaintef. Bref la querelle dégénérait en scandale public. Pour y mettre fin, ou du moins l'apaiser, les supérieurs des maisons de Paris et le confesseur du roi résolurent de désavouer par la déclaration suivante les