Griffet, p
2. Lettre à Vitelleschi (Tuba magna, p. 324-325). 3. Lettre à Vitelleschi (Tuba magna, p. 324-325).
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96 None SOUS RICHELIEU. — SECONDE PARTIE.
nera quelque compassion de moi, si Votre Révérence y fait quelque réflexion. Les bons exécuteurs de justice n’ont pas toujours si ponctuellement observé les sentences données contre Les confesseurs de la vérité. Si je suis innocent, laissez-moi vivre comme ont vécu les autres confesseurs du roi congédiés de Ia cour, dans l’ordre que me prescrira notre Père [Général], sans faire de jussions au Père recteur de Rennes pour ma captivité. Fiez-vous en moi seulement et tout ira bien. Je crois que M. de Noyers trouvera cela raisonnable et qu’on se contentera de mon bannissement. Je me suis toujours fié en Votre Révérence. Aimezmoi, non en paroles, mais de cœur et en bons effets; et après m'être recommandé à vos saints sacrifices, je vous renouvelle la protestation de demeurer, mon Révérend Père, votre très humble serviteur en Notre-Seigneur Jésus-Christ!. »
Des Forges aussi et le même jour, Caussin adressa semblable apologie de sa conduite à M. de Noyers; il protestait qu'il n'était jamais entré dans aucune cabale ; qu'il n’avait jamais rien fait que par principe de conscience, ne pouvant taire sans péché grave l'obligation où était le roi de faire la paix et de soulager son peuple; que le Cardinal l’avait traité avec une rigueur inouïe pour avoir donné à son royal pénitent des avis nécessaires à son salut. « Quand Son Éminence y fera quelques réflexions, disait-il, elle en aura le regret, et vous n'aurez pas beaucoup de satisfaction d’avoir exécuté avec tant d'activité ce que vous pouviez adoucir par votre bonté*. »
M. de Noyers donna communication de cette lettre à Richelieu qui s’en montra très irrité. Il pensa, puisque le jésuite songeait à se défendre, qu'il fallait prévenir l'opinion contre lui, et, à propos de la nomination de son successeur, il fit paraître dans la Crazeilte de France, du 26 décembre, la note suivante : « Le P. Caussin a été dispensé de Sa Majesté de la plus confesser à l'avenir, parce qu'il ne s’y gouvernoiït pas avec la retenue qu'il devoit et que sa conduite étoit si mauvaise qu’un chacun, et son Ordre même, a bien plus d’étonnement de ce qu'il à tant demeuré dans cette charge que de ce qu’il en a été privé?. Le déplaisir que ceux de sondit Ordre ont de sa faute est proportionné à la grande et sincère passion qu'ils ont au bien de cet État et
1. Lettre de Caussin au P. Binet, 17 déc. 1637, déjà publiée par Cousin, H"° de Hautefort, p. 402.