Du même à M. de Noyers, 17 déc. 1637 (Tbidem, p
3. Les Mémoires de Richelieu articulent contre le P. Caussin plusieurs accusations graves dont le P. de Rochemonteix a montré l’inanité (op. cit., p. 280-298).
du service du roi. Pour tenir sa place, le roi a fait élection, dans le même Ordre des Pères Jésuites, du P. Sirmond, qui est en réputation, il y a plus de cinquante ans, d’être un des plus savans hommes de l’Europe, auquel Sa Majesté se confessa hier à Saint- Germain!. »
Cette note est cruellement habile: elle ruine la réputation d’un homme qu’on représente comme renié par tout son Ordre, et elle flatte l’'amour-propre du même Ordre qu’on veut se concilier en lui montrant qu'on aurait pu le perdre ou du moins le tenir à l'écart pour la faute d’un seul de ses membres. Richelieu raconte dans ses Mémoires qu’à ce moment il se demanda sil devait confier encore à des religieux la charge de ,confesseur du roi. On lui aurait conseillé de choisir un évêque ou un docteur ou même un simple prêtre, de probité reconnue et à l'esprit large. « Mais, ajoute-t-il, le long temps qu'il y avoit que Sa Majesté, à l'exemple du roi son père, avait remis sa conscience entre les mains de ces bons Pères [Jésuites], qui eussent pensé que la réputation de leur Ordre eût été flétrie si on les eût changés, fit que
Sa Majesté jeta les yeux sur quelqu'un d’entre eux, qui se püt
acquitter de cette charge à son contentement?. »
Richelieu dit vrai; mais il est permis de supposer qu’il avait d’autres raisons excellentes de ne point contrarier ici les goûts de Louis XIII. Nous l'avons déjà dit, le grand ministre appréciait fort les Jésuites; de plus il les savait à la fois puissants et crainüfs : puissants dans l'Église par le succès de leurs œuvres et l’estinie des vrais catholiques; craintifs en France, où exposés à de fréquentes attaques, leur sort dépendait du gouvernement royal. Or, le cardinal se plaisait à être protecteur pour mieux tenir en main ses obligés. Dans cette affaire Caussin, dont il avait été Le rusé metteur en scène (bien qu'il attribuât la dissrâce au roi), il laissa entendre que toute la Compagnie aurait bien pu être compromise; et le P. Étienne Binet le crut, qui écrivait au P. Général : « Si la Société n’a pas été gravement persécutée à l’occasion du P. Caussin, c’est à Son Éminence qu’on le doit : le cardinal est non seulement le patron de la Compagnie, il en est le père. » Et pour remercier Richelieu de lui conserver malgré tout ses bonnes grâces, le P. Provincial semble craindre de n'avoir pas de termes assez forts : « Votre Éminence, en un