‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 66 sur 375 · Mémoires de Richelieu, t. III, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Richelieu, t. III, p

6. Quelques-uns prétendent que Richelieu demanda même son renvoi de la Compagnie, mais ce n’est pas prouvé. Cf. de Rochemonteix, p. 3, note:

bonne et fut arrêtée aussitôt !. Dans cette circonstance, les Supérieurs crurent servir au mieux les intérêts de leur subordonné; lui, plus tard, leur reprochera durement de l'avoir « livré? ».

Traité sans ménagement à Paris, il ne trouva pas plus d'indulgence à Rome. Là aussi, toutes les informations (pour ne pas dire les accusations) arrivèrent de Rueil en passant par les PP. Binet et de Séguiran, ou même elles furent transmises directement par les partisans du cardinal. Ainsi, le 1°” janvier 1638, le prince de Condé écrivait au P. Assistant : « Vous aurez sceu sans doute par vos Pères comme le Roy a esloigné Le P. Caussin. et les raisons qu'en a eues Sa Majesté, qui vous auront paru aussi estranges qu'à tous ceux qui en ont esté informés. En effet, il n'est pas imaginable que ce pauvre bonhomme se soit mis en fantaisie qu'il falloit que le Roy abandonnast son royaume à ses ennemis et qu'il ait essayé de mettre en l'esprit de Sa Majesté qu'elle respondoit de tous les désordres que faisoient les Suédois dans l'Allemagne, devantDieu, quoiqu'elle ne leur ait pas fait prendre la résolution de faire la guerre, mais se serve seulement de l’occasion pour faire naitre dans le cœur de ses ennemis le désir de concourir avec elle pour le repos de la chrestienté, qui est le seul but qu'ont jamais eu ses armes ?. »

Sur ce rapport et autres analogues, indignation du P. Charlet - et du P: Vitelleschi; ils croient eux aussi le P. Caussin grandement coupable, le roi offensé, la Compagnie en péril. L’Assistant répond au prince de Condé : « Je vous dirai, Monseigneur, que je ne fus jamais plus estonné d'entendre qu’un homme se soit tant oublié de taxer les actions du meiïlleur prince de la terre et d'interpréter si injustement ses intentions. J'ay communiqué ce qu'il vous a pleu m'escrire à nostre Révérend P. Général, qui a condamné ce mauvais procédé et s’est résolu de le punir et chastier pour lui apprendre à estre sage et ne jetter dans le précipice tant de pauvres innocens qui présentent tous les jours à Dieu leurs propres vies pour le salut de Sa Majesté *. » Quant au P. Général, il est persuadé que Louis XIII a chassé son confesseur

1. Labbe, Préface de la Cour Sainte. Le cardinal aurait bien voulu aussi reléguer Sœur Louise Angélique à Annecy, mais Louis XIII éventa le projel et se fâcha : « Quand Me de La Fayette, dit-il, serait au fond de l'Auvergne, je saurais bien l’arracher des mains du cardinal et de tous les diables » (De Rochemonteïx, p. 313).

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