‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 67 sur 375 · Lettre à M'i° de La Fayette (Daniel, p · texte numérisé non relu

Lettre à M'i° de La Fayette (Daniel, p

3. Lettre du prince de Condé au P. Charlet, 1°* janvier 1636 (Archi. des Aff. Etrang., Rome, corresp., t. 63, f. 3).

4. Lettre du P. Charlet à Condé, 1° février 1636 (Archiv. des Aff. Etrang., Rome, corresp., t. 63, f. 48).

de sa propre initiative. En écrivant à Richelieu le 6 février, il remercie Son Éminence d’avoir bien voulu apaiser Sa Majesté tres chrétienne et de ne pas faire expier à tous les Jésuites français « l'erreur grave ou plutôt la faute » d'un seul: il termine en annonçant la punition qu’il inflige au délinquant.

Cette punition était très rude puisqu'il s'agissait d'un religieux dont personne ne suspectait la vertu : il est privé de voix active et passive: on lui retire la permission d'envoyer ou de recevoir des lettres sans passer par le canal des supérieurs ?; on lui défend de prècher, de faire imprimer aucun ouvrage ?. En même temps on jugea nécessaire d'informer les différentes maisons de la Province de ce qui s'était passé : elles recurent une circulaire du P. Binet, dans laquelle, tout en ‘rendant hommage à la pureté d'intention du confesseur, on lui reprochait une imprudence grave, pour ne rien dire de plus #.

Tandis que cette correspondance s'échangeait, le P. Caussin, à Rennes, prenait son sort en patience, espérant une prompte justification; il trouvait des approbateurs parmi les conseillers du Parlement; et dans le public on le regardait comme un homme persécuté pour la justice ©.

9. Il ne devait pas jouir longtemps de cette consolation. Dans les premiers jours de février, lui arriva une lettre du P. Binet lui signifiant la punition imposée par le P. Général et l’ordre d’exil à Quimper exigé par Richelieu. Il est probable qu'en même : temps la circulaire, si humiliante pour lui, parvenait au recteur du collège de Rennes. À ce moment Caussin était malade, alité, souffrant d’un ulcère: l'hiver sévissait, les routes étaient mauvaises : il demanda un peu de répit. Le P. Provincial fit savoir que l’ordre était pressant, qu'il fallait se hâter. L’exilé se mit en route et, après un pénible voyage à travers des chemins affreux, il parvint à Quimper. On juge dans quel état. Si le recteur du lieu, muni d'instructions sévères, se montra froid, l’accueil des autres Pères fut plein de cordialité: mais ils ne pouvaient raffermir tout de suite une âme abattue que semblaient abandonner ceux-là mêmes qui étaient ses naturels

1. Lettre de Vitelleschi à Richelieu, 6 février 1638 (Gallia, Epist. Gen., ad Ext., 1613-1672).

2. Il avait eu cette permission à titre de confesseur du roi.

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