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d'Autriche, Richelieu rêvait aussi de reculer les frontières du royaume Très Chrétien. Aux anciennes possessions françaises du duché de Lorraine (Verdun, Metz et Toul), il avait ajouté en 1632 par les traités de Vic et de Liverdun, les villes de Marsal, Stenay et Jametz, et le comté de Clermont en Argonne. Charles IV lui fournit, par sa versatilité, le prétexte de s'emparer du reste de ses États.
Le duc, qui avait paru résigné aux clauses humiliantes du traité de Liverdun, n'attendait que l’occasion de s’en dédommager. Trop faible pour lutter seul, il chercha un appui dans - Ferdinand II. A l’empereur qui lui offrait Haguenau, Colmar et Schelestadt, il permit de lever des soldats en Lorraine. C'était une véritable alliance, et donc une infraction au dernier traité avec Louis XIII. Le roi l’ayant connue, se jugea libéré de ses propres engagements : il n'avait plus à protéger le duc ni à lui garantir l'intégrité de ses États. Dès le 1% janvier 1633, il approuva le plan que lui soumit Richelieu et qui entraînait l’occupation de la Lorraine. Le 15 du même mois il créa dans Metz un parlement dont il étendit le ressort non seulement aux Trois Évêchés, mais encore aux villes qu’il avait reçues en dépôt. Le 30 juillet, le parlement de Paris déclara le Barrois confisqué, faute d'hommage, et réuni à la couronne. Enfin Le 20 septembre, Nancy, capitale du duché, ouvrit ses portes à l’armée française !.
Charles IV vaincu ne pouvait plus espérer aucune concession de la France, après lui avoir tant de fois manqué de parole : il abdiqua en faveur de son frère, le cardinal Nicolas-Francçois, évèque de Toul, et se rendit en Allemagne. Richelieu protesta contre cette abdication, nulle à ses yeux, le duc tenant le pouvoir, non de son père, François de Vaudemont, mais de sa femme Nicole, fille ainée de Henri Il; au surplus, pour assurer la Lorraine à la couronne de France, il se proposait de marier la princesse Claude, seconde fille de Henri Il, avec un prince du sang royal, et d'obtenir ensuite le désistement de Nicole en faveur de sa sœur. Déjà il avait ordonné l'enlèvement des deux princesses, quand le cardinal Nicolas-François déjoua ses desseins. Comme il n’était pas encore engagé dans les ordres sacrés, il s’accorda, en sa qualité d'évêque de Toul, la dispense de la publication des bans et celle du deuxième degré de parenté, se démit de son siège et de son titre de cardinal, puis épousa, dans la nuit du 17 au
1. Digot, Histoire de la Lorraine, t. V, p. 199-222. — D'Haussonville, Histoire de la réunion de la Lorraine à la France, t. I, p. 342 et s.
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18 février 1634, la princesse Claude sa cousine !. Fait prisonnier par le comte de Brassac, gouverneur de Nancy, il s'évada le 1 avril avec sa femme. Nicole, restée seule dans son palais, accepta l'asile que Louis XII lui offrait à Paris ?.
Rien ne s’opposait plus à la conquête de la Lorraine. Les villes ouvertes ne pouvaient songer à se défendre. Seules, Bitche et La Mothe firent une vigoureuse résistance; cette dernière tint en échec pendant plusieurs mois l’armée du duc de La Force ; après sa reddition, le 26 juillet, l'occupation du pays fut bientôt complète.
Le 5 septembre, pendant que le duc Charles, à la tête de l'armée de la ligue catholique remportait sur les Suédois la brillante victoire de Nordlingen, le Parlement de Paris déclara confisqués tous les biens qu'il possédait dans le royaume, et engagea le roi à s'emparer de tous ses États. L'établissement d’un conseil souverain à Nancy, le 12 octobre, consacra la conquête déjà effective et convainquit les anciens sujets du duc de Lorraine qu'ils étaient définitivement placés sous le joug de leur nouveau maître.
Cependant Charles IV, enivré de sa victoire, rêvait de reprendre possession du duché, même de l'agrandir. Selon le récit d'un écrivain allemand, il aurait fait frapper une médaille « portant au droit la légende suivante : Carolus rex Austriae, dux Wurtenbergensis et Montisbelliqardi, landyravius Alsaliae, et sur le revers les mots Habeo et Habebo, qui renfermaient une allusion àfses futures conquêtesi ». Au milieu des préparatifs de son expédition, il fut atteint, à Fribourg-en-Brisgau, d'une maladie dangereuse qui en retarda l’exécution. Enfin, après avoir franchi le Rhin, le 30 mars 1635, il traversa l’Alsace et le duché de Bourgogne, et se dirigea vers la Lorraine avec une armée que l’empereur avait mise à sa disposition. Malgré les efforts du maréchal de La Force et du cardinal de La Valette qui avaient pour mission de le repousser au-delà du Rhin, il s'empara de Remiremont, de Rambervillers, de Dieuze et, de plusieurs autres villes. Saint-Mihiel ouvrit ses portes à son ancien bailli, le marquis de Lenoncourt, mais fut reprise par Louis XI, le 2 octobre, après un mois de siège”.