‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 8 sur 375 · Digot, p · texte numérisé non relu

Digot, p

5. D'Haussonville, t. 11, p. 34. —/Dom Calmet, Hisl. ecclés. et civile de Lorraine, tu

TOUL Da 81-16.

Cet apercu préliminaire sur les vicissitudes de la Lorraine était indispensable pour l'intelligence du récit qui va suivre, mais nous n'avons pas à raconter la campagne de 1635 ni celles des années suivantes; il nous suffira de relater les faits

qui intéressent particulièrement l'histoire de la Compagnie.

5. Le duché de Lorraine renfermait alors sept maisons de Jésuites : les collèges de Metz et de Verdun, le collège et le noviciat de Nancy, les collèges de Pont-à-Mousson et de Saint- Nicolas et la résidence de Saint-Mihiel. Les quatre premières eurent peu à souffrir du contre-coup des hostilités; il n’en fut pas ainsi des trois autres.

Les rapides succès de Charles IV avaient ranimé les patriotiques espérances des Lorrains, et l'on entrevoyait déjà les symptômes d'une insurrection prochaine. A moins d’un prompt remède la France risquait fort de perdre sa nouvelle conquête. Aussi le prince de Condé fut-il envoyé en Lorraine avec des instructions très sévères. Il devait, déclare Richelieu, « mettre ladite province en sûreté, chassant de Nancy et autres villes qu'il estimeroïit à propos tous les habitans qu’il jugeroit... suspects. et faisant voir aux autres, par telle voie qu’il estimeroit plus propre, que le premier qui feroit quelque acte contraire à l'affection qu'il devoit à Sa Majesté, seroit pendu sans rémission! ». À peine arrivé, le prince exécuta rigoureusement ses ordres. IL fit informer contre les personnes les plus connues pour leur particularisme et enjoignit aux ecclésiastiques sous peme de la saisie de leur temporel, d’exhorter le peuple à l'obéissance et de faire des prières publiques pour le roi et le suecès de ses armes?. Quant aux Jésuites, bien qu'il les aimât, il ne les ménagea point.

Malgré les fureurs de la guerre et les menaces de proscription, l’Université de Pont-à-Mousson jouissait encore d’une tranquillité relative. Les religieux y étaient au nombre de cent six, y compris dix-sept Allemands réfugiés; le collège comptait plus de mille élèves, et rien jusque-là n'avait troublé la régularité des cours. Les précautions, sans doute excessives, du prince de Condé jetèrent le désarroi. Si les Supérieurs se fussent prêtés à ses exigences, il ne serait pas resté un seul Père lorrain dans le pays. Or le P. Provincial, comptant sur la réserve de la plupart

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