Ibidem. Cf. Valle, op. cit., p
4. Lettre du card. Maurice au P. Général, 8 juin 1631 (Epist. Principum, t. VI) Lettre du P: Général au P. Monod, 4 juillet 1631 (Mediol. Epist. Gen., t. 1631-1635).
qui l’entretint plus d’une heure avec la plus grande courtoisie. « Il me fit l'honneur de me dire, écrit le Père à Son Altesse, qu'il me recevait pour son amy, que ce ne seroit point à demy, mais avec une franchise qui seroit toute entière. » Richelieu prétend dans ses Mémoires, que le Père lui proposa « pour établir une grande confiance entre le Roy et ledit duc », un projet de mariage entre le cardinal de Savoie et M de Combalet. Le P. Monod était aussi chargé de négocier la restitution de Pignerol et de demander pour Leurs Altesses le titre royal tant de fois promis!. Mais son éloquence se brisa contre l’entêtement de Richelieu, et il quitta la capitale sans avoir rien obtenu ?. Pignerol fut définitivement acquis à la France par le traité de Saint-Germain, le 5 mai 1632.
C'était à l'insu du P. Général, comme on le voit par plusieurs lettres adressées au provincial de Milan, que le confesseur de M°° Christine s'était mêlé à des tractations politiques. « L'autorisation spéciale que le P. Monod croit avoir reçue, écrit Vitelleschi le 10 avril 1632, je ne l'ai pas donnée. Je puis bien avoir dit d'une manière générale qu'il devait servir ponctuellement Son Altesse comme la Compagnie y est obligée... mais il n’a jamais été question d'affaire d'État. » « Le P. Monod, répètet-il encore le 29 mai, ne m’a point demandé, ni en général ni en particulier, la permission de s’immiscer dans ces sortes d’affaires. Si Son Altesse l’obient du Pape ce sera autre chose, mais je ne crois pas que Sa Sainteté la donne facilement... IL est donc nécessaire, ajoute-t-1l le 10 juillet, que le Père déclare à Son Altesse qu’il ne peut s'occuper des affaires d'États. »
Quoi qu'il en soit, le P. Monod, de retour en Piémont, travailla, sur les instances de la duchesse, à un ouvrage historique dont le but était de faire valoir les droits de la maison de Savoie sur le royaume de Chypre et ceux qu'elle avait de
prendre le titre royal. IL parut en 1633, sous le titre Trattato |
del titolo regio. Ce fut probablement à cette occasion que l’auteur reçut de Victor-Amédée une gratification de quatre cents
1. Piémontais et Savoyards donnaient à leur duc le titre d’altesse royale: les Francais, d’altesse seulement.
2. Sur toutes ces négociations voir D' Salvator Foa, Mission du P. Monod à Paris en 1631, dans Mémoires de l’Académie des Sciences... de Savoie (4° série, t. XI, p. 563-649).
3. Lettre du P. Vitelleschi au provincial de Milan, 10 avril, 27 mai, 10 juillet 1632 (Mediol., Epist. Gen., t. 1631-1635). Du même au P. Monod, 17 avril 1632 (Ludgun., Epist. Gen., t. Il).