‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 72 sur 375 · D. Valle, op. cit., p · texte numérisé non relu

D. Valle, op. cit., p

5. Lettre de Richelieu au P. Monod, 30 août 1633 (Avenel, op. cit., t: V, p. 168).

6. Du même au même, vers février 1636 (Ibidem, t. IV, p. 70-71 et t. V, p. 966). .

. Ce fut, Croyons-nous, le tort de M. Gabriel de Mun; il a aussi trop exclusivement admis les appréciations de M. d'Hémery, qui s’appliqua comme ambassadeur français à faire triompher la politique de Richelieu par tous les moyens: |

Amédée de secours en hommes et en argent!. Abandonnée à elle-même, la Savoie ne se trouvait pas en mesure de tenir tête aux armées espagnoles. IL était done souvent nécessaire de rappeler à la cour et aux ministres de Louis XIII les besoins de Son Altesse : et l'ambassadeur ducal, le marquis de Saint-Maurice, tombé malade; puis député à la conférence de Cologne, ne suffisait pas à la tâche. On résolut donc de lui adjoindre pendant quelque temps le P. Monod qui partit de Turin dans les derniers jours de décembre 1636 avec l'ambassadeur français M. d'Hémery*.

Au moment d'entreprendre ce voyage, il en donna comme motif au P. Général qu'il allait travailler à proeurer la paix aux nations chrétiennes. Comment Vitelleschi se serait-il opposé à une mission dont le but était si louable? « Je n’ai pas pu n1 dû la désapprouver, écrira-t-il plus tard; mais si le P. Monod traite d’affaires dont un Jésuite doit s'abstenir, c’est assurément contre mon intention 5. » De fait, le confesseur de Madame Royale devait entretenir Richelieu de la conférence qui allait se tenir à Cologne touchant les préliminaires de la paix et lui exposer quelles seraient . alors les revendications de la Savoie ; mais Son Altesse avait en outre confié au religieux d’autres affaires qui le sortaient beaucoup trop du rôle entrevu par le P. Général : régler les questions financières; concerter avec Richelieu un plan de campagne si les hostilitéscontinuaient; solliciter pour son maître denouveau le titre de roi et pour les ambassadeurs de Savoie/les honneurs accordés aux représentants des autres couronnes. En somme il traiterait les affaires principales de l'État #.

D'abord tout sembla marcher à souhaït. Le Père mettait dans ses démarches une activité peut-être excessive. Louis XHI et Richelieu étant venus à Paris, « tous les ministres s'y sont tenus, écrit Saint-Maurice, ce qui & donné commodité au

1. D'après M. dé Mun il faudrait attribuer au surintendant Bullion le retard des secours financiers.

2. Guichenon, Histoire généalogique de la maison de Savoie, p. 907. Cf. Valle, op. el, p. 44.

3. Lettre du P. Vitelleschi au P.Binet qui s'était plaint des procédés du P. Monod, 4 février 1637 : « Pater Monodus huc ad me scripserat se ad conciliandam pacem istuc proficisci. Titulus rei tam optandae...improbari a me nec potuit nec vero debuit. Aliud alienum ab hominibus Societatis si tractat, contra mentem meam utique id tractat. » (Francia, Epist. Gen., t. V.) D'après une lettre du comte d'Aglié au due de Savoie le P. Monod ayant montré quelque scrupule, le P. Général lui aurait permis « de servir Son Altesse et dans le voyage de Paris et en toute affaire d'État qui ne répugne point à l'esprit religieux »..Cf. Valle, op. cil., p. 42, note 3. .

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