‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 73 sur 375 · G. de Mun, op. cit., p · texte numérisé non relu

G. de Mun, op. cit., p

P. Monod de les visiter plus souvent. Aussi s'est-il très diligemment servi de l’occasion, car il les a si furieusement tourmentés qu'il n’en laissait pas un qu’il ne reprit l’autre... L'on a résolu tous les chefs qui doivent servir de contentement à Votre Altesse... et les troupes et l'argent pour les soudoyer et pour tous les frais de la guerre !. »

Saint-Maurice laissait même entrevoir la prochaine érection du duché de Savoie en royaume; mais là il s’avançait trop. Une première fois, il est vrai, Richelieu avait répondu favorablement à la requête du jésuite : « Si Dieu donnoit la paix, il falloit que Madame (Christine) vint voir le roy et recût de sa main la couronne royale ?. » Paroles encourageantes et bien vite oubliées, car lorsque l'affaire fut proposée au conseil, le cardinal ne laissa pas même engager la discussion : il accorda seulement « qu’on traiteroit les ambassadeurs en la forme demandée? ».

Monod, déçu, vit avec peine le refus du titre royal que ses maîtres avaient à cœur et qu'il Leur croyait dû comme récompense des sacrifices consentis. Il insista donc, profitant de toute occasion. Ainsi le duc de Parme ayant conclu une paix séparée avec l'Espagne, Monod fit observer, sous forme de menace, que Victor- Amédée pourrait bien l’imiter si l’on retardait plus longtemps l’accomplissement de vieilles promessesi. Une autre fois il se plaignit que son souverain, le plus fidèle à la France des princes d'Italie, fût le seul à n'avoir recu aucun privilège honorifique ?. Son obstination peu adroïte ne réussit pas. Richelieu qui n’aimait ni les menaces ni les leçons ni la résistance, ne se fit pas faute de le mortifier; il retira en partie ce qu’il avait accordé pour le traitement des ambassadeurs : les honneurs royaux seraient rendus au seul marquis de Saint-Maurice et l’on reviendrait à l’ancien protocole pour ses successeurs 6.

Le P. Monod comprit alors que sa présence à Paris devenait

1. Lettre de Saint-Maurice au duc, 27 janvier 1637 (Torino, Archiv.di Stato, Francia lettere ministri, mazzo 30), publiée par Dufour et Rabut, p. 31, 32.

2. Lettre de Monod au duc de Savoie, le 12 janvier 1637 (1bidem, Storia della reale case, mazzo 9) dans Dufour-Rabut, p: 45 et suiv.

3. Lettre de Saint-Maurice, 27 janvier déjà citée. Cf. Mémoires de Richelieu t. III, p 166. ;

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