‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 75 sur 375 · CGlaretta, S{oria della Reggenzia, t: 1, p · texte numérisé non relu

CGlaretta, S{oria della Reggenzia, t: 1, p

3, Lettre de Richelieu à d'Hémery, 27 juin 1637 (Avenel, op. cût., t. VIE, 769).

4. Mémoires de Richelieu, t. ILf,p. 167. Sur les relations du P. Monod avec le P. Caussin voir Valle, op. cit., p. 61-78.

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D'Hémery avait aussi persuadé à Richelieu que le P. Monod avait agi contrairement auxintentions de Son Altesse en réclamant les honneurs des autres couronnes pour lesambassadeurs deSavoie. Or, la vérité est que, voyant l'insuccès de la démarche et ne voulant point se mettre mal avec le tout-puissant ministre, Victor- Amédée essaya de dégager sa propre responsabilité ; il écrivit en effet au marquis de Saint-Maurice : « Quand M. d'Hémery a été ici de retour, entre plusieurs choses dont ila traité avec nous, il a aussi discouru de la forme à laquelle le roi consentiroit de traiter nos ambassadeurs... Nous remontrâmes que nous n'avions donné nulle charge au P. Monod de faire instance en France de ce traitement ; qu'il étoit bien vrai que, quand ledit père en eùt parlé à M le cardinal et aux ministres... nous approuvâmes alors ce qu’{il} avoit remontré en semlable rencontre de la part de Madame Royale, qui véritablement avoit fort à cœur cette affaire.…; que, quant à nous, nous n’aurions eu garde d’en importuner Sa Majesté en ces conjonctures dans lesquelles nous ne pensions qu’à la servir, et qu’il nous suffisoit de l’honneur que nous avions par notre naissance et de celui encore d’avoir Madame Royale en cette maison !. »

Ainsi, en réalité, le duc de Savoie ne désavoue même pas Monod; il reconnaît au contraire que les démarches mal accueillies à la cour de France avaient été commandées par sa femme et appuyées par lui.

Quelque temps encore, malgré les perfides insinuations de l'ambassadeur français, Richelieu conserva son estime au P. Monod. Son Éminence écrivit de sa main à d'Hémery « qu'elle désiroit qu'il s'entretint en amitié-avec ledit Père ? ». Au reste c'était pure politique, comme nous l’apprend une lettre de Chavigny à Mazarin : «M. d'Hémery s’est brouillé avec le P. Monod. Je lui ay escrit affin qu’il se raccommodast, par la maxime que vous m'avez enseignée, qu'il faut caresser les habiles gens ou les détruire 2. » L’ambassadeur écouta ces conseils, car deux jours après la mort du duc Victor-Amédée (7 octobre 1637) il dit à Madame Royale « que Le Roy et M“ le cardinal ne pourroient lui conseiller d’avoir confiance à personne qui leur fust plus agréable que le P. Monod # ». Il changea bientôt de langage, quand Richelieu voulut

1. Lettre de Victor-Amédée à Saint-Maurice, 15 juin 1637, publiée par Dufour-Rabut, op. cit., p. 155.

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