‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 76 sur 375 · Mémoire justificatif de Monod (Jbidem, p · texte numérisé non relu

Mémoire justificatif de Monod (Jbidem, p

3. Chavigny à Mazarin, 8 sept. 1637 (Avenel, op. cüt., t. V, 825), 4. Mémoire justificatif de Monod, Z. c.

profiter des embarras de la régente pour mettre la main sur la Savoie. Sans doute le cardinal était trop avisé pour accepter à l’aveugle tous les propos malveillants de son ambassadeur; mais il était trop habile pour ne pas en profiter à l’occasion, afin de se défaire d’un homme qui seul osait lui tenir tête et avait Le courage de soutenir et de revendiquer les droits de sa souveraine. Lui

aussi mettait en pratique la maxime de Mazarin : caresser ou détruire, vezzegiare o spegnere, N'ayant pu réussir à gagner le

P. Monod, il jura sa perte.

Il songea d’abord à séparer de la régente un conseiller, ami de la France il est vrai, mais pas au point de lui sacrifier les intérêts de sa patrie, un homme prudent et prévoyant, capable de déjouer les plus habiles combinaisons.C’est à quoi s'employa d’Hémery, sa créature ! et son servile instrument. Par des insinuations perfides, il s’efforçait d’ébranler la confiance que Madame Royale avait en son confesseur. « M. d'Emery, écrivait-elle au marquis de Saint-Maurice, nous a parlé plusieurs fois du P.Monod et nous a remontré qu'il n’étoit pas bien dans l'esprit de M® le cardinal... ; qu’il falloit que ledit Père pensât à se remettre aux bonnes grâces [dudit seigneur | et pour ce il lui proposoit de faire un voyage en France. Ce discours. est siéloigné de ce que vous nous avez écrit que le roi, Monsieur mon frère, et le dit sieur cardinal étoient satisfaits de la personne du P. Monod et bien aises qu’il fût auprès de nous..., qu’à la vérité nous ne savons pas que dire parmi desi grandes contrariétés ?. » « Je crois, lui répondit Saint-Maurice, que M. Emery n’a rien tant devant les yeux que la ruyne du P. Monod ?. » Et quelques jours plus tard il annonçait que c’en était fait du jésuite dans l’estime de Richelieu : en ces sortes de chose: « M“ le cardinal ne revient point et m'a dit fort librement que le roi ne vouloit point que [le P. Monod | seut de ses affaires et que V. A. R. les luy communiquât #».

Louis XIII, cédant aux injustes méfiances de son ministre entretenues par les rapports hostiles de l'ambassadeur, dépêcha M. de Vignoles à Turin pour représenter à la duchesse qu'elle devait éloigner de sa cour son confesseur®. Elle résista d’abord,

Page 1