‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 9 sur 375 · Digot, p. 352. — D'Haussonville, If · texte numérisé non relu

Digot, p. 352. — D'Haussonville, If

LE CONTRE-COUP DES GUERRES. 4t

de ses religieux, se contenta de quelques changements. Condé, peu satisfait, dénonca au P. Vitelleschi la conduite du P. Nicaud. « Les sujets que j'ay de m'en plaindre, écrit-il, sont si raisonnables que je m'asseure que Vostre Paternité m'en fera raison et satisfera à mon désir... Car si de lui-mesme le P. Provincial eust agi prudemment, disperser (sic) cà et [à les Pères lorrains, establir les François en Lorraine et mettre les Lorrains en France, avec douceur et sans les persécuter, je n'aurois esté contraint d’en chasser pour le service du Roy!. » Le prince espérait probablement obtenir du Général ce que le Provincial lui avait refusé: il n’en fut rien, et ainsi la juste résistance du P. Nicaud empêcha la désorganisation complète de toute une province de la Compagnie. En effet, Condé recula devant la mesure odieuse d’expulser en masse de paisibles religieux pour crime de fidélité à leur ancien souverain. Quinze Pères seulement recurent l’ordre, vers la fin de mai, de quitter Pont-à-Mousson et de se rendre dans l’intérieur du royaume?. De ce nombre étaient les professeurs d'Écriture sainte et d’hébreu dont les cours furent supprimés. « Cette violence, observe le P. Abram, était la première lueur du grand incendie qui dévasta la Lorraine et fit tant de mal à notre Université3. » Toutefois Le Recteur d'alors, le P. Léonard Perrin, fut épargné. « Condé lui écrivit de sa propre main pour lui annoncer que le roi Très Chrétien et M£& le cardinal de Richelieu, en considération de sa grande vertu, lui permettaient de rester dans la ville, bien que son nom figurât le premier sur la liste de ceux qui devaient sortir. Ce sont les termes de sa lettre 4. » On le voit, Louis XIII et son ministre étaient plutôt pour tempérer le zèle de Monsieur le prince.

Mais, au fait, était-ce bien en qualité de Lorrains que quinze Pères de Pont-à-Mousson et plusieurs autres de Nancy avaient été contraints de s’exiler? N’étaient-ils pas plutôt coupables de certains excès de langage? Le P. Général le supposa. « Je suis peiné, écrivait-il au Recteur de Nancy, du malheur de plusieurs des nôtres, qui n’a pu arriver sans nuire aux offices qu'ils rem-

1. Lettre du prince de Condé au P. Général 17 sept. 1635 (Epist. Principum, t. VI).

2. Lettre du P. Général au roi, 10 octobre 1635 (Archives du ministère des Affaires Étrangères, Rome, correspondance, t. LVI, f. 195. Cf. Carré, Catalogi, t. TI, p- 17: :

3. Abram, Hist. de l'Université de Pont-à-Mousson (Carayon, Doc. inéd., V, p: 10: -

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