FONDATION DE SAINT-NICOLAS-DU-PORT
place ». On l’aménagea et on y ajouta de nouvelles constructions pour loger neuf religieux qui s’y installèrent le 6 février 1631!. Au mois d'août le P. Motet, supérieur de la résidence primitive, fut remplacé par le P. Claude Maillard, nommé recteur du collège?. Alors, dit un ancien mémoire, le P. Luc Grandmaire commença quelque espèce de régence qui fut continuée les deux années suivantes par le P. Didier de Saint-Vannes. Ce n’est toutefois qu'après l'achèvement de l’église, au mois d’octobre 1634, qu'on ouvrit deux classes régulières. Elles eurent une bien courte existence. On se rappelle ce que nous avons dit plus haut sur le sac de Saint-Nicolas en 1635. Le # novembre, le bourg fut pris et brülé; bien que le collège eût été respecté des flammes, il fallut cependant l’abandonner£. Vu la dévastation du pays on ne put y revenir de si tôt, et, comme quelqu'un se permettait un jour, devant les fondateurs, d’accuser les Jésuites d’ingratitude : « Sachez, répondirent-ils, que quand tous les membres de la Compagnie viendraient nous cracher au visage, nous ne cesserions pas de leur faire du bien; car c’est pour la seule gloire et l'amour de Notre Seigneur que nous le faisons ©. » Catherine Bertrand était morte le 11 août 1636, en exprimant
le désir qu’on rétablit le plus tôt possible le collège doté de ses biens patrimoniaux. Ce fut seulement en 1643 que trois religieux, deux Pères et un Frère, purent retourner à Saint-Nicolas pour relever la maison de ses ruines. À cet époque Érard Maimbourg écrivit au P. Vitelleschi une lettre admirable, dans laquelle il sollicitait humblement la grâce de finir ses jours dans la Compagnie, au nombre des Frères coadjuteurs. Le P. Général ne pouvait rien refuser à ce bienfaiteur insigne; il l’admit, malgré son âge avancé, au noviciat de Nancy, maïs en lui ordonnant de se préparer à recevoir au plus tôt les ordres sacrés. Un mois environ après sa première messe, le 1° septembre 1644, leP. Maimbourg, âgé de soixante-dix ans, chantait son MNunc dimittis et rendait son âme à Dieu‘.
2. À Lyon comme à Saint-Nicolas-du-Port les Jésuites ne commencèrent qu'en 1631 à enseigner dans Le petit collège qui prit