Cartas de S. Ign., I, append. IL, n
4. Nombreux sont les témoignages d’estime donnés au P. Le Jay par les Pères du concile de Trente. Le P. Polanco nous dit qu'en arrivant à Trente, en 1546, les PP. Lainez et Salmeron remarquèrent la faveur dont il jouissait : « P. Claudium magna in gratlia Prælatorum et optimum Societatis odorem spargentem invenerunt » (Chronicon, t. 1, p. 178).
des assemblées générales composées des cardinaux, archevêques et évèques, et siégeait après ceux-ci avec voix consultative !. Cette distinction le fit tout de suite remarquer de M‘ du Prat. Informations prises, il sut que ce procureur de l’évêque d’Augshourg était un religieux, un disciple d’Ignace de Loyola ; il s'empressa d'entrer en rapports avec lui et ne manqua pas de lui demander sur la Compagnie de Jésus des explications, qui confirmèrent et complétèrent les renseignements donnés par le P. Simon Guichard. Ce nouvel Ordre, voué au salut des âmes, répondait si parfaitement à ses désirs qu'il résolut de tout faire pour lui confier un jour la direction des écoles de son diocèse. Mais ce qu’il apprit alors sur l’état d’une Société encore dans son premier développement, lui inspira la pensée d’aller d’abord au plus pressé, et de favoriser la formation et le recrutement des jeunes religieux par l'établissement d’un collège-séminaire à Paris même. Fondateur d’une maison d’études pour les sujets
de l’Ordre, il aurait dans l’avenir plus de droit qu'un autre à.
obtenir leur concours pour la réforme de l’enseignement dans son pays d'Auvergne. Le Père Le Jay, se faisant son intermédiaire auprès d’Ignace de Loyola, écrivait à celui-ci le 10 mai 1546 : « Le révérendissime prélat a été très édifié de tout ce que Je lui ai appris sur la Compagnie. Je lui ai montré la bulle d'institution, une note sur notre manière de fonder des collèges?, les lettres écrites des Indes, la dernière circulaire où sont relatées les bonnes œuvres que Dieu a daigné opérer par le ministère de ses serviteurs... Il espère que Notre-Seigneur emploiera la Compagnie au soulagement de la sainte Église, spécialement en France où elle pourra faire Le plus grand bien. Il m'a chargé d'envoyer à Votre Révérence une copie des statuts de son collège, afin qu’elle y voie ses intentions et qu’elle veuille bien lui dire ce qu’elle en pense. » Le P. Le Jay ajoutait encore quelques détails qui montrent toute la sincérité des désirs de Monseigneur du Prat : l’immeuble qu'il destinait au futur collège appartenant à l’évêché de
1. Polanco, Chron., I, 175, 176. Cf. Lettre de Le Jay à Ignace, février ou mars 1546 (Epist. Broeli, Jai, p. 302, 303). Un seul autre procureur se trouvait avec lui dans le même cas, celui de l’archevêque de Trèves.
2. 11 s’agit de maisons d’études pour les scolastiques de la Compagnie. A cette date il ne pouvait être question de maisons d'enseignement pour la jeunesse, telles qu'elles furent créées plus tard (Voir Tournier, Monseigneur G. Du Prat au concile de Trente. Etudes, t. XLVIII, p. 465). Dans ces articles l’auteur a donné de nombreux détails sur les relations des Jésuites et de Ms' du Prat à Trente et sur les intentions de cet évêque touchant les collèges de Paris et de Billom.
3. Lettre de Le Jay à Ignace(Mon. Hist. S. J., Episl. PP. Broeti, Jai, etc., p.307).