Lilter. quadr., X, p. 254. Chronicon, II
2. « Quidam nomenclatores Jesuitas nos nominant, brevitatis praetextu se defendentes » (Litter. quadr., IX, 112). Le P. Canisius écrivant au P. Le Fèvre, le 30 décembre 1544, lui disait déjà : « De nobis dicam potius qui jesuitae dicimur » (Braunsberger, Canisii Epistolae, I, 121). Il ajoutait l’année suivante qu’on employait le nom de Jésuite comme une insulte contre les Pères de la Compagnie (Jbid., p. 134).
sans aveu, qui menaient une existence mystérieuse. Un troisième prétendait que tous les clercs de Clermont, si on les traitait selon leur mérite, devraient être flagellés en place publique, comme corrupteurs de la jeunesse et, pour preuve, il racontait que le P. Ignace avait voulu autrefois le séquestrer durant trente jours sous prétexte de vaquer à des exercices spirituels 1.
L'aventure arrivée à « un certain Taulpin » sembla donner quelque consistance à-ees-faux-bruits. C’était-un homme instruit dans les lettres grecques et latines, voire philosophe et théologien, à qui le P. Paul d'Achille avait autrefois donné une retraite. Dans un moment de ferveur exagérée et à l’insu de son directeur, non seulement il fit le vœu d'entrer dans la Compagnie si on voulait bien le recevoir, mais encore « fut si mal advisé que d’écrire et soubsigner son dict vœu avec son sang qui lors lui couloit du nez ? ». D'un caractère peu constant, cet homme se repentit bientôt de sa résolution, et consulta plusieurs docteurs pour savoir s’il était obligé de tenir sa promesse. Ceux-ci, défavorablement prévenus par ce qu'ils entendaient chaque jour, s’imaginèrent que cet exalté n'avait agi qu’à l’instigation du P. Paul d'Achille, qui ne fut pourtant au courant de rien, et ils allèrent répétant partout que les Jésuites poussaient les fidèles à faire des vœux indiscrets et même à les signer de leur sang ?.
Vers ce même temps, un religieux de l'Ordre des Carmes prèchant dans l’église de Saint-Séverin, à Paris, et expliquant les paroles de l’apôtre Fratres in Christo Jesu, ne craignit pas de lancer les plus violentes « invectives » contre une Société, dont les membres avaient l'audace « de prendre le nom de Jésuites comme si, seuls, ils étaient frères en Jésus-Christ # ». Le P. Polanco dans son CAronicon parle encore, sans le nommer, d’un autre détracteur. Celui-là, « personnage de grande autorité, sous une apparence austère cachait le venin de l’hérésie ». Dans ses conversations, par de faux rapports ou des insinuations malveillantes il jetait dans les âmes simples, que trompaient ses dehors, des germes de défiance et même d’antipathie à l'égard des étudiants de l'hôtel de Clermont. Il était ainsi parvenu « à éloigner d'eux des personnes disposées à leur faire l’aumône, et des Jeunes gens qui se sentaient appelés à leur Institut ». Un jour cependant «ses vrais sentiments furent découverts, et l'évidence de