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gouvernant alors, de Ferrare, la province d'Italie, fut nommé provincial de France. Il arriva à Paris Le 25 juin 1552 !.
IL put être témoin des regrets que l’ancien supérieur laissait dans cette ville : « Je ne puis partir d'ici sans voir couler beaucoup de larmes, écrivait le P. Viola le 25 juillet. Tous essaient de me retenir. Plusieurs voulaient retarder mon départ et vous écrire à ce sujet; mais j'ai répondu que j'arriverais à Rome avant leurs lettres?. » En réalité ce ne fut pas à Rome que se retira le P, Viola, mais à Parme, puis à Ferrare, d’où il envoya au P. Ignace les noms des bienfaiteurs et des amis de l'hôtel de Clermont, afin qu'ils eussent part aux bonnes œuvres et aux prières de toute la Compagnie.
10. Le P. Paschase Broet, choisi pour gouverner à sa place les Jésuites de France, était bien l’homme qui convenait le mieux dans les circonstances présentes. Ame droite et loyale, mais un peu timide de caractère, il avait fait preuve d’un tact délicat et d'une’rare prudence dans les importantes missions qui lui avaient été confiées : en Irlande comme nonce apostolique, à Bologne comme recteur du collège, et à Ferrare comme provincial d’Italie. Lorsque Jean II, roi de Portugal, demanda au P. Ignace un patriarche pour le royaume d’Éthiopie*, les Pères qui résidaient à Rome furent consultés : tous déclarèrent que le P. Paschase Broet était très propre à cette dignité, par l’intégrité de sa vie, l'excellence de sa doctrine et sa parfaite connaissance des affaires. C'était aussi l'avis du P. Général, qui lui trouvait beaucoup de bonté, beaucoup de science, une grande expérience, acquise dans la visite des diocèses et la réforme des monastères dont on l’avait souvent chargé ‘. De tels éloges de la part d'Ignace, qui s’en montra toujours si sobre, sont le plus sûr témoignage
1. Polanco, Chronicon, I, 597; IV, 327. Lettre du P. Polanco au P. Viola, 5 mars 1552 (Mon. Iynat., s. 1, t. IV, p. 180). Lettre d'Ignace à l'évêque de Clermont, 24 mai 1552, Du même au P. Broet, 7, 21 et 24 mai (/bid., p. 234, 243, 244).
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3. Sur les espérances que faisait concevoir l’empereur d'Éthiopie de se convertir à la foi, le pape Jules LIL avait accordé au roi de Portugal, pour être envoyés dans cette contrée, un patriarche et deux évêques choisis dans la Compagnie. Saint Ignace, loin de se prêter de bon cœur à cette élection, fit tous ses efforts pour l'empêcher, Dans les déclarations de la dixième partie des constitutions, il inséra cette remarque expresse : « In patriarchatu et episcopatibus Æthiopiae admittendis resisti non potuit ». Dans ses explications sur l’Institut, le P. Jérôme Nadal revenant sur ce sujet dit à son tour : « Il fut absolument impossible de résister à la volonté et à l'ordre formel du Souverain Pontife. »
4. Lettre de saint Ignace au P. Rodriguez (Mon. Ignal., s. 1, &. [, p. 599, 400), Cf. Chronicon, 1, 171. Epistolae P. Nadal, 11, 53.
des mérites de cet éminent religieux. L'approbation du Pape était venue confirmer la nomination-de Broet au patriarcat d'Éthiopie; mais des obstacles inattendus ! s’opposèrent à son départ; il continua donc ses travaux apostoliques en Italie jusqu'au moment où il recut l’ordre de se rendre en France.
À Paris le P. Broet, comme ses prédécesseurs, employa tous ses soins au bon gouvernement de sa petite communauté, puis, autant que les circonstances le permettaient, aux fonctions du saint ministère. Chaque jour, dans l’église des Saints Côme et Damien, et les jours de fête dans la chapelle de Saint-Germaindes-Prés, il administrait les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. Souvent aussi il visitait les prisonniers et les malades, leur portant les consolations de la religion. Pour donner plus d’efficacité à son action spirituelle, il avait surtout recours aux Exercices du P. Ignace, et, comme il était très habile directeur, de nombreuses conversions à une vie plus régulière, et plusieurs vocations à l’état religieux couronnèrent les efforts de son apostolat, dans toutes les classes de la société. La moisson eût été bien plus abondante, s’il avait eu près de lui de plus nombreux auxiliaires ?.
La communauté ne se composait, en effet, que de six religieux au commencement de 1553; le Père Broet seul était prêtre; les autres suivaient à l’Université des cours de théologie, de philosophie ou d’humanités. Ce nombre, il est vrai, se trouva doublé à la fin de l’année 1554, mais on ne pouvait guère espérer une plus grande augmentation. Malgré cela, les scolastiques trouvèrent moyen de continuer les catéchismes et les instructions à Saint-Germain-des-Prés, et d'y ajouter encore la visite des prisonniers : « Nous exhortons les détenus à la patience et au repentr, écrit l’un des jeunes apôtres, afin qu’en changeant de vie ils réparent leurs fautes. Volontiers ils écoutent la parole de Dieu et s’approchent des sacrements dont plusieurs étaient éloignés depuis de longues années. » Témoins de ce zèle désintéressé, « beaucoup de gens, qui étaient hostiles à ces étudiants exemplaires, commencèrent à voir la vérité et reconnurent qu'ils cherchaient uniquement la gloire de Dieu et le salut des âmes À ».
1. Le P. Bartoli (J{alia, libr. [, c. 7) laisse entendre que le roi de Portugal ne voulut pas d’un étranger.