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pourront alors posséder la vérité qui triomphera d'eux à son tour!. » ‘
La sentence de l’évêque de Paris, absolument défavorable aux Jésuites, exposait en onze points autant d’objections contre leur établissement en France. Il leur reprochait : d’affecter, mal à propos, de prendre le nom de Société ou Compagnie de Jésus, vu que ce nom n'appartient à proprement parler qu’à l'Église universelle; — de faire tort aux Ordres mendiants et aux hôpitaux, par leur vœu de pauvreté, qui les oblige à vivre d’aumônes excepté dans les collèges, et, ajoutait-il, on ne conçoit pas bien à quel titre cette restriction est faite, puisque les Étudiants pour lesquels on admettra des fondations ne seront pas encore de la Compagnie, n’en ayant pas fait les vœux el pouvant être congédiés par les supérieurs. — Il disait encore : que les Jésuites, malgré leur vœu de pauvreté, prétendaient bien pouvoir être élevés aux dignités ecclésiastiques, tout en ne les acceptant que sur l’ordre de leur Général; — qu’une fois évêques, ils voulaient être gouvernés et corrigés par la Société, et apparemment aussi lorsqu'ils viendraient à posséder des bénéfices-cures, ce qui est contraire à
toutes les dispositions ecclésiastiques ; — ‘que ces nouveaux religieux entreprenaient sur la juridiction des curés, dans la prédication et l'administration des sacrements; — qu'ils attentaient aussi
sur celle des évêques, en se mélant d’excommunier, de dispenser les enfants illégitimes, de consacrer les églises, de bénir les vases sacrés et les ornements d'autel; — qu'ils osaient s'arroger les droits du Pape même, en donnant des dispenses de l’irrégularité, et que, nonobstant leur vœu d'aller en mission chez les infidèles et les hérétiques, si le Souverain Pontife les y envoyait, ils ne laissaient pas de croire qu’il était permis à leur supérieur de les rappeler quand il le jugerait à propos; — que cette Compagnie, d’ailleurs, ne se tenait obligée à aucun office publie, soit grand'messe, soit heures canoniales dites en commun, étant exempte par là des pratiques mêmes dont les laïques ne se dispensent pas puisqu'ils assistent les jours de fête à la grand’messe et aux vépres; — qu'elle prétendait avoir permission de nommer des professeurs en théologie, ce qui contredit les privilèges des Universités; — qu’enfin, toutes ces nouveautés étant dangereuses, il ne fallait point recevoir en France cet Ordre si récent, mais l'envoyer au pays des infidèles, ou dans leur voisinage, afin qu'il pût vaquer