‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 147 sur 457 · Astrain, op. cil., p. 10. — 9. Sacchini, op. cit., n · texte numérisé non relu

Astrain, op. cil., p. 10. — 9. Sacchini, op. cit., n

été remises par les Pères d’Espagne. Elles étaient encore plus graves et plus pressantes que les premières. Il y en avait une aussi du Nonce !, montrant combien le départ des Pères influents de ce royaume serait préjudiciable aux intérêts catholiques. Convaincus de la nécessité du transfert par tous ces rapports, les Pères de Rome résolurent de tenter un effort suprême. Lainez retourna auprès du Pape, lui montra la lettre de son Nonce et l'appuya de si bonnes raisons que Paul IV en fut touché : l'affaire, lui dit-il, valait d’être considérée devant Dieu, on était à quelques jours de la Pentecôte; qu'il prit et fit prier et revint cherchér la réponse un peu plus tard ?.

Les choses en étaient là, suffisamment embrouillées, mais avec l'espoir d’une heureuse issue, quand, au sein même de la Compagnie, deux turbulents s’avisèrent de la compliquer encore. Nicolas Bobadilla et Ponce Cogordan étaient des hommes doués de belles qualités ; ils avaient déjà rendu et ils rendirent encore dans la suite d'éminents services?, mais ils ne manquaient pas de défauts qui dans les circonstances, et habilement exploités par le démon, allaient mettre en péril l’œuvre de saint Ignace.

Si nous parlons ici un peu longuement de cette affaire, c’est que le P. Ponce Cogordan appartiendra bientôt à la France, où il viendra réparer sa faute par un zèle et un savoir-faire incontes-

tables.

. 3. Bobadilla, dont le caractère fantasque et impulsif troublait parfois le jugement, supportait mal qu’en attendant l'élection du nouveau Général, toute l'autorité reposât sur un seul homme. Par des allusions d’abord, ensuite par des déclarations précises, il prétendit que le gouvernement de la Compagnie devait appartenir à tous les premiers profès, c'est-à-dire ceux qui restaient alors des compagnons d’Ignace. À l'entendre, les Constitutions, dans la pensée du fondateur, n'étant pas définitives tant qu’elles n'auraient pas été approuvées par une congrégation, l'élection de Lainez comme Vicaire était nulle, et le pouvoir légitime manquant, on était nécessairement retombé dans la même situation qu'avant l'élection d’Ignace au généralat. Or, à ce moment, toutes les décisions étaient prises de concert avec les

1. Epist. Nadal, W, p. 13. Le P. Nadal ne fait que remarquer l'importance des lettres. Le P. Sacchini affirme qu’il y en avait une du nonce qui fut montrée au pape par Lainez. Le P. Astrain a suivi sur ce point Sacchini (t. I, p. 10). Cf. Sacchini, op. cût., n. 72. — 2. Epist. Nadal, I, p. 54. Sacchini, op. cit., n. 72.

Page 1