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dessus, dans l’assemblée des profès. A l'insu de tous, sans aucun mandat, après que Paul IV eut donné bon espoir au P. Lainez d’une réponse favorable, et tandis qu'on attendait cette réponse, il imagina de faire remettre au Pape un mémoire, dans lequel il prétendit que le P. Vicaire et les profès tenaient absolument au transfert en Espagne !, afin délire un Général à leur guise et d’arranger les Constitutions à leur manière, loin de l'influence du Siège Apostolique?. Paul IV, sur ce faux rapport, se crut joué par la Compagnie. Quand, au jour marqué pour avoir sa réponse, Lainez se rendit au Vatican, on lui fit un accueil plus que froid. Après une longue attente, on vint lui dire que Sa Sainteté ne pouvait le recevoir et réclamait, avant trois jours, les lettres apostoliques, les Constitutions et règlements de la Compagnie, avec la liste de tous les Pères présents à Rome, auxquels défense absolue était faite d'en sortir #.
Ces ordres inattendus, que les seules intrigues de Bobadilla ne suffisaient pas à expliquer, émurent les profès. Ils s’informèrent et apprirent l'imprudente démarche de Cogordan. Grande fut leur consternation. Ils n'auraient jamais cru que l’existence de la Compagnie püt être mise en danger par deux de ses enfantsÿ. Cependant, il fallait agir. On alla d’abord au plus pressé; l’obéissance. Tous les documents que le Pape avait demandés, lui furent apportés. Cela fait, on se tourna vers Dieu. Des prières et des pénitences furent prescrites aux Jésuites de la maison professe et du collège romain; l’ordre de s’y unir fut envoyé à toutes les maisons de la Compagnie. Restait à rétablir la vérité, que les deux brouillons avaient si témérairement travestie. Les quatre tenants de Bobadilla l’abandonnèrent, quand ils virent où ses menées aboutissaient. Toutes les personnes qu'il avait entretenues de ses plaintes et de ses théories, furent visitées par Lainez qui, modestement, mais avec sa logique vigoureuse, remit les choses au point. Bobadilla réclama l’iutervention du cardinal de Carpi, protecteur de la Compagnie; Lainez accepta cet arbitre; puis, le moment venu de se présenter devant lui, le coupable se déroba sous de futiles prétextes. À la fin, le cardinal déclara que Lainez continuerait à gouverner avec les profès réunis à Rome comme conseillers. Les profès consultés sur cette décision, le 9 août, l'acceptèrent? ab bonum pacis, mais en protestant que,
1. Epist. Nadal, 1. ce. — 2. Epist. Nadal, M, p. 15. Sacchini, op. cit., n. 75. 8. Sacchini, op. cit., n. 76. — 4. Epist. Nadal, IL, p. 54. Sacchini, L. c. 5. Epist. Nadal, IX, 55. — 6. Ibid, Sacchini, n. 78. — 7. Epist. Nadal, 1, p. 56.
d’après les Constitutions, le P. Vicaire pouvait se passer d’eux!. Quant à Bobadilla, s'insurgeant contre le moyen-terme proposé par le cardinal, il menacça d'en appeler au Pape. C'était la dernière faute à commettre. Les Pères furent alors d'avis que le P. Vicaire le devançât auprès de Paul IV, pour exposer sans ambages à Sa Sainteté toutes les faces et péripéties de cette affaire ?.
L. Lainez demanda une audience que d’abord on lui refusa 3. Enfin il fut introduit et reçu avec bienveillance. Il parla en premier lieu du transfert de la Congrégation générale; il affirma que ni lui, ni les profès, n'avaient rien conclu à ce sujet en attendant la décision du Vicaire de Jésus-Christ; mais que, de fait, les graves raisons déjà exposées leur semblaient toujours aussi fortes. Quant à vouloir échapper au Saint-Siège pour la sanction à donner aux Constitutions, dans quel pays le pourraient-ils? Ne dépendaientils pas partout du Siège Apostolique? Ne lui devaient-ils pas obéissance en vertu même de la formule de l’Institut? Loin de vouloir se soustraire à sa surveillance, ils avaient la ferme intention de présenter à l'approbation pontificale tout ce qu'ils auraient résolu touchant les Constitutions. Lainez vint ensuite aux difficultés soulevées par Bobadilla, et après avoir exposé les faits, il demanda au Souverain Pontife de vouloir bien désigner un cardinal, qui, au nom de Sa Sainteté, serait chargé non seulement d'examiner les règlements laissés par Ignace, mais aussi d’interroger ses enfants “.
Le Pape estimait Lainez. Il lui répondit, sans amertume, qu'il avait à cœur les intérêts de la Compagnie, et lui laissa le choix du cardinal enquêteur. -— « Celui que Votre Sainteté aura choisi, répliqua Laïinez, sera le mieux accepté par nous tous. » — Paul IV désigna le cardinal Alexandrin°, plus tard connu sous le nom vénéré de Pie V. On ne pouvait désirer un juge plus sage et plus équitable. Il interdit d'abord aux Pères Bobadilla et Cogordan de parler à personne, sauf à lui, des affaires pendantes; puis il vint à la mâäison professe où il interrogea tous les Pères. Au début de cette information, Bobadilla crut qu'elle allait tourner en sa faveur. Cependant, le cardinal Alexandrin comprit bientôt les torts des opposants, et comment le démon les avait trompés 6. Il ne for-
1. Sacchini, n. 84. — 2, Epist. Nadal, I. c. — 3. Sacchini, n. 84.