‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 150 sur 457 · Ibid. CF. Epist. Nadal, I, p · texte numérisé non relu

Ibid. CF. Epist. Nadal, I, p

5. Michel Ghislieri, né d'une famille obscure à Bosco près d'Alexandrie en 1504. 6. Epist. Nadal, II, p. 57.

mula aucune sentence : ce n’était pas dans son rôle; mais 1l rapporta au Souverain Pontife le résultat de son enquête. Bobadilla, sentant sa cause perdue, se souvint très à propos que le cardinal de Santa Fiora lui avait demandé, peu de temps auparavant, d'aller à Fulgino pour la réforme d’un monastère. Il obtint de s’y rendre sans plus tarder.

Ce départ n'ébranla point Ponce Cogordan qui se présenta au cardinal Alexandrin, pour lui exposer, disait-il, quatre griefs qu'il avait contre les Pères. Il se plaignit d'abord que le P. Vicaire lui eût imposé une pénitence pour avoir, à son insu, communiqué un mémoire au Souverain Pontife. Le cardinal, qui n’ignorait pas que le P. Ponce n'avait pas été blâmé pour ce fait, mais pour avoir faussement attribué aux profès l'intention arrêtée de se réunir en Espagne, fut péniblement surpris de cette plainte et contint d’abord son indignation : « Quelle pénitence vous a-t-on donnée ? lui demanda-t-il. — De réciter une fois le Pater et l'Ave. » — A ces mots, Alexandrin, homme pourtant très calme, laissa éclater son mécontentement, et déclara au Père qu'il ne voulait plus l'entendre. On raconte que le Pape, apprenant ce dernier trait, se signa comme pour éloigner de lui un si étrange aveuglement!.

Paul IV se crut alors suffisamment éclairé. Il leva la défense qu'il avait faite aux profès de sortir de Rome, leur permit de se rendre où ils voudraient, et fit même un don d'argent pour fournir au viatique. Pendant quelque temps encore, les Bulles et Les Constitutions restèrent aux mains de deux cardinaux qui devaient les examiner, puis on les rendit sans aucun jugement ?.

Ainsi finit cette épreuve où la Compagnie connut, par sa propre expérience, les faiblesses inséparables de toute institution humaine. Elle eut une maternelle clémence pour ses fils aveugles et imprudents ?. Inclinée à gouvérner d’après la loi de charité, elle laissa les deux coupables réparer, d'eux-mêmes, par un redoublement de zèle au service de Dieu, les torts où ils étaient tombés par défaut de caractère et sous l'empire de l'illusion. La congrégation générale fut remise à plus tard. En attendant une nouvelle convocation, Les profès se dispersèrent. On vit alors Bobadilla, à Fulgino, et Poncè Cogordan, à Assise, faire merveille, travailler au bien des âmes d'aussi bonne grâce et avec la même ardeur que si rien ne s'était passé “. Nous dirons, tout à l'heure, ce

1. Epist. Nadal, I, 57, 58. Sacchini, op. cil., n. 86-89, — 2. Ibid.

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