‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 153 sur 457 · Nadal, Scholia, p · texte numérisé non relu

Nadal, Scholia, p

5. Epist. Nadal, t. IE, p. 64. « Instituimus canere in choro horas omnes canonicas theatinice, ut jusserat Paulus, id est absque modulatione ecclesiastica continenti, et uno tono vocis, tantum ut ultima syllaba quasi contraheretur. »

6. Regest. Laïnez. Hisp., 1559-1564, p. 16, cilé par Astrain, op. cil., p. 36, note.

7. Epist. P. Lainez. Vota de ejus generalatu (Astrain, op. cül., Lt. II, p. 37). — La réponse de Bobadilla qui avait fait {ant d'opposition à Lainez, comme vicaire, a été

de Borgia conseilla, afin d’éloigner tout scrupule, de demander à Pie IV une révocation expresse du commandement verbal de son prédécesseur. Ainsi fut fait, Et Lainez continua, en toute tranquillité de conscience, à gouverner la Compagnie.

6. La première congrégation générale avait élé dissoute le 10 septembre 1558. Les Pères profès se dispersèrent et reprirent alors, pour la plupart, leurs fonctions ordinaires dans leurs provinces respectives. Le P. Paschase Broet aurait bien voulu déposer le fardeau de la supériorité. Mais le P. Lainez, connaissant les heureuses qualités du Provincial de France, n’accéda point à son désir; il jugea toutefois qu’au milieu des tracas sans cesse suscités à la Compagnie dans ce pays, il convenait de placer auprès du P. Paschase un homme entreprenant et rompu aux affaires, qui serait comme son bras droit dans toutes les relations extérieures. Le P. Ponce Cogordan fut choisi pour ce poste. En quittant Rome, le P. Broet et le P. Viola allèrent le rejoindre à Assise, où il venait de travailler à la fondation d’un collège. De là tous les trois firent route vers la France par Bologne, Modène et la Lombardie: Comme ils voyageaient à petites journées, ils ne parvinrent à Paris que le 1°’ novembre. Le P. Cogordan s’y arrêta avec le P. Broet!, qu'il devait aider en qualité de procureur, tandis que le P. Viola s’en alla reprendre sa place au collège de Billom.

La reconnaissance légale de la Compagnie de Jésus en France était une des conquêtes réservées au généralat du P. Lainez; mais, avant de l'obtenir, il fallut encore au P. Provincial et à son procureur beaucoup de démarches et beaucoup de patience. Une accalmie profonde, nous l'avons vu, s'était produite après le mémoire du P. Martin Olave. Les Jésuites de Paris se gardèrent bien de la troubler par quelque tentative précipitée; ils s’accommodèrent au temps et gardèrent le silence. Le P. Broet, uniquement occupé du gouvernement de sa communauté et de la province,

publiée ‘par le P. Astrain (II, p. 37). Elle montra que cet homme de cœur, mais à caractère bizarre, savait revenir à résipiscence. — Le P. Ponce Cogordan, lui aussi, avait donné des marques de repentir pendant le temps même de la congrégation générale (Epist. Nadal, t. I, p. 63). à

1. Decr. et Instr. 1540, 1573, fol. 85. — Manare, De rebus S. J., p. 69. — Le P. Cogordan nous apprend, dans une lettre au P. Général, la composition de la communauté de Paris à la fin de 1558. « Nous étions, dit-il, trois prêtres et cinq étudiants, un en théologie, deux en logique, un en dialectique, un en grammaire, plus deux frères laïcs. En tout dix religieux, auxquels il faut ajouter trois étrangers que M:' de Clermont fait étudier à l’Université : un séculier et deux moines de l'ordre de Saint-Benoît. » (Francia, Hist. Prov., 1540-1604, Lettre du 20 décembre 1558).

continua, comme par le passé, de se livrer à des ministères conformes à ses talents et à ses goûts, tels que la prédication, les catéchismes, les confessions, la visite des prisons et des hôpitaux, et surtout les Exercices Spirituels, dont il avait une rare intelligence et qu’il savait mettre à la portée de toutes les âmes.

Cependant, la fondation du collège de Billom avait de nouveau attiré l'attention sur la Compagnie de Jésus, dont on commençait à admirer les œuvres : « Plût à Dieu, écrivait l’évêque de Mondovi au P. Lainez, que toute la France se disposât à suivre cet exemple! On verrait alors s'élever une jeunesse pieuse et sincèrement catholique, qui fournirait au clergé d’excellents prélats et au roi les magistrats les plus fidèles et Les plus capables!. » Ce souhaït n’était pas réalisable tant qu’on n’aurait pas triomphé de la résistance du Parlement et de l’Université. Aussi la nécessité d’en finir parut-elle évidente et pressante äu P. Ponce Cogordan, dès son arrivée à l'hôtel de Clermont. Lui, que le cardinal de Lorraine, au rapport d’Etienne Pasquier, « disoit être le plus fin négociateur qu'il eût jamais vu? », prit la ferme résolution de ne connaître aucun repos, avant d’avoir emporté, par son habile persévérance, la vérification des bulles pontificales et le droit de naturalisation. Intermédiaire entre le P. Broet son supérieur et tous ceux qui, amis ou ennemis, prenaient part à cette affaire, il allait continuellement des uns aux autres, de Paris à la cour qui séjournait tantôt à Fontainebleau, tantôt à Amboise ou à Orléans; de la cour au Parlement, à l’évèché de Paris, à l’Université. Il portait des suppliques au roi, des lettres de jussion aux magistrats, des recommandations à l’évêque, des explications aux docteurs. IL faisait presque toujours à pied ses courses et ses voyages, s’arrêtant à peine pour prendre un peu de repos et quelque nourriture. C’est à sa constance inlassable, à l’ardeur de son filial dévouement que la Compagnie devra, après de nombreuses contradictions, d'obtenir droit de cité dans le royaume de France. Aussi, en récompense de ses éminents services, le P. Général l’admit-il, le 15 novembre 1560, à la profession solennelle des quatre vœux*.

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