‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 154 sur 457 · Henri II n'avait jamais cessé de regarder la Compagnie de · texte numérisé non relu

Henri II n'avait jamais cessé de regarder la Compagnie de

Jésus comme un Ordre fort utile à l’Église et à l'État. Ces dispositions favorables annonçaient qu’un jour ou l’autre satisfaction

1. Gomez, Elogia S. J., p. 67. — 2. Catéchisme des jésuites, p. 23". 3. « Catalogus professorum sub Lainio » (Epist. PP, Broeli, etc., p. 186, note 2).

serait donnée aux désirs des Pères, quand une mort tragique et prématurée vint ravir l’infortuné prince à l'affection de ses sujets!. La perte de ce puissant protecteur ne ralentit point le courage du P. Cogordan. Profitant de la présence du duc d’Arcos, envoyé par Philippe Il pour présenter ses condoléances à la cour, il alla le trouver et le pria de plaider auprès du nouveau roi la cause de ses frères persécutés. François II accueillit favorablement les ouvertures de l'ambassadeur, et répondit que, les affaires du royaume réglées, il s’occuperait aussitôt de la Compagnie, prêt à faire pour elle autant que les autres princes de la chrétienté. Alors, le duc s'adressant au cardinal de Lorraine, qui assistaït À l'entretien : « Que votre illustrissime Seigneurie, lui dit-il, ait la bonté de rappeler cette promesse à Sa Majesté. — Je le ferai très volontiers, reprit le cardinal, car, moi aussi, je suis ami et protecteur des Jésuites?. »

Grâce aux actives démarches que le P. Cogordan ne cessait de

renouveler auprès des personnages les plus influents, François II se décida, l’année suivante, à faire entériner les lettres patentes de Henri Il, qui, depuis neuf ans, attendaient au greffe du Parlement. Ces lettres, datées du moïs de janvier 1551, avaient été suivies de lettres de jussion, le 10 janvier 1553. Injonction fut donc faite aux magistrats par de nouvelles lettres de jussion, le 12 février 1560, de confirmer la Compagnie de Jésus. Mais le Parlement, au sein duquel se trouvaient plusieurs partisans secrets de l’hérésie, résista de nouveau, s’obstinant à refuser la formalité de l'enregistrement. Irrité de ces délais non justifiés, François II fit expédier, le 25 avril, de nouvelles lettres patentes, avec ordre formel de procéder à ü vérification qu'il demandait : « Le roi, y est-il dit, après avoir fait voir en son privé conseil les remontrances de la Faculté de théologie, et entendu que ladite Compagnie avait été reçue ès royaumes d’Espagne, Portugal, et en plusieurs autres pays, et qu’en icelle Société pourront être nourris personnages qui prêcheront, instruiront et édifieront le peuple, tant en ladite ville de Paris qu'ailleurs, mande à ladite cour de procéder à l’homologation et vérification desdites Bulles et Lettres, nonobstant lesdites remontrances faites par ladite cour et par l’évêque de Paris“. »

1. 11 mourut, le 10 juillet 1559, du coup de lance qu'il avait recu quelques jours auparavant dans un tournoi.

2, Lettre du P. Cogordan au P. Lainez, 2 août 1559 (Galliae Epist., t. 1, fol. 53,

55). — 3. Arrêls du Parlement (Galliae Epist., I, fol. 213). 4. Du Boulay, Hist, Univ. Paris., VI, 573-576, Epist. PP, Broeli, elc., p. 232-235.

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