‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 157 sur 457 · D’Argentré, Collectio judiciorum, II · texte numérisé non relu

D’Argentré, Collectio judiciorum, II

2. Sacchini, ÆHistor. Soc. Jesu, P. II, 1. IV, n° 89. — 3. Zbid.

4. Lettre du P. Cogordan au P. Lainez, 16 juillet 1560 (Galliae Epist., I, fol. 124). — Leltre du P. Broet, 12 août 1560 (Küln, Stadt-archiv, Universität., XI, 172), Cf. Lettre du P. Broet au P. Lainez (Æpist. PP, Broeli, elc., p. 148).

et il n’est approuvé par aucun concile universel ou provincial !. » L'Université restait ainsi fidèle à la doctrine schismatique de Bâle touchant la supériorité du concile sur le Pape. Maïs ce jugement, en reconnaissant à un concile provincial le droit qu'il refusait au Souverain Pontife, d'accorder aux Ordres religieux l'institution canonique, ne pouvait être d'un grand secours pour appuyer les prétentions d’Eustache du Bellay et des curés de Paris. Aussi fut-il accueilli avec l'indifférence qu’il méritait, et le P. Cogordan n’en persista pas moins à réclamer de la bienveillance de la cour ce qu'il ne pouvait obtenir de la justice du Parlement.

Les cardinaux de Bourbon, de Lorraine ?, d'Armagnac, et les seigneurs catholiques du conseil du roi, étaient loin de partager les préventions universitaires contre une Société que le Saint- Siège opposait alors avec tant de succès au protestantisme, dans les autres états de l’Europe. Ne voyant, dans les constitutions de la Compagnie, ni les inconvénients ni les irrégularités imaginés par ses adversaires, ils la considéraient, eux aussi, comme un secours providentiel ménagé à l’Église, et ils encourageaient Francois IT, avec plus d’instances que jamais, à vaincre le mauvais vouloir du Parlement par un nouvel acte de son autorité royale.

10. De tous les prétextes tant de fois mis en avant pour repousser la Compagnie, le principal était le nombre des privilèges qu'elle avait reçus des Souverains Pontifes. Le P. Cogordan, « dans une requête adressée au Parlement, protesta qu’elle ne demandait rien de plus que les Ordres mendiants, rien, par conséquent, qui fût contraire à l’église de France ou aux concordats entre le roi et le Saint-Siège ». Sa protestation a été mal intérprétée par plusieurs historiens. À entendre Crétineau-Joly, « cet acte de renonciation à leurs privilèges plaçait Les Jésuites dans une position inexpugnable : on arguait des faveurs que Rome leur avait accordées; ils les abandonnaïent, aussi explicitement que possible ! ». Non, tel n’est pas le sens du langage du P. Cogordan. La Compagnie ne pouvait pas renoncer à des privilèges, octroyés par le Saint-Siège comme nécessaires au libre jeu de son activité; elle pouvait seulement consentir à en modérer l'exercice, dans le cas où quelques-uns se seraient trouvés en opposition avec les lois du

{. Du Boulay, Hist, Univ. Paris., VI, 573.

2. Lettre du cardinal de Lorraine à l'évêque de Châlons, 10 août 1560 (Epistolae Episcoporum).

3. Lettre du P. Cogordan au P. Lainez, 16 juillet 1560 (Galliae Epist., 1, fol. 124).

4. Crétineau-Joly,Hist. de la Compagnie de Jésus, t. 1, p. 325.

Page 1