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mais non de tous. Le Seigneur ne refuse jamais le nécessaire aux pauvres, qu'ils soient tels par choix ou par nécessité, — pourvu qu'ils le servent avec piété et droiture!. » Le premier président, Gilles Le Maître, ordonna alors au greffier de donner lecture du décret de la Faculté, en s’arrêtant après chaque article, afin de permettre au P. Cogordan d'y répondre. Celui-ci le fit avec tant de précision et de chaleur, il appuya sa réfutation d'arguments si forts qu'il ébranla la conviction des magistrats. Quelques-uns eurent la loyauté d’avouer que les allégations de la censure étaient fausses et calomnieuses. Mais beaucoup d'autres, qui pensaient de même, n’eurent pas autant de franchise et ne voulurent point se déjuger. Sous prétexte de ne pas céder à un mouvement irréfléchi, ils proposèrent un moyen dilatoire et décidèrent, à la majorité, que la Faculté serait appelée de nouveau à s'expliquer sur les motifs de son décret ?. Quelle fut l’attilude des docteurs dans cette seconde séance? Aucun document ne nous l’a fait connaitre. Il semble du moins qu’ils ne parvinrent pas à convaincre les magistrats, puisqu’un arrêt du Parlement, le 22 février 1561, renvoya la cause des Jésuites ou aux États de Pontoise, ou à l'assemblée convoquée à Poissy, ou au prochain concile général 3.
3. Cet arrêt n'étant pas une décision, l’infatigable P. Cogordan commença par n’en tenir aucun compte; il reprit-le cours de ses sollicitations, suppliant la reine-mère, les cardinaux de Lorraine, de Bourbon et de Tournon de ne pas abandonner la Compagnie de Jésus. Il en obtint encore de pressantes recommandations auprès des magistrats influents. Bien plus, le 14 mars, Charles IX intimait de nouveau au Parlement de Paris l’ordre de recevoir les Jésuites ou d'exposer, dans l’espace de quinze jours, les motifs de son refus. Cette nouvelle lettre ne devait pas avoir plus de succès que toutes les précédentes‘. « Voilà déjà huit jours, écrivait peu après le P. Provincial au P. Lainez, il y en aura bientôt quinze que nous avons porté celte Lettre de jussion au Parlement. On croirait que ces magistrats n'en tiennent aucun compte, et qu'ils se soucient fort peu de déclarer au roi les raisons de leur conduite. Toutefois, après les fêtes de Pâques, nous leur présenterons une autre requête, à l'effet de leur demander à être
1. Lettre du P. Cogordan au P. Lainez, 2 mars 1561 (Gall. Epist., t, I, f. 220).