Ibid. — 3. Manare, De rebus S. J., p
4. Lettres du P. Cogordan au P. Lainez, 2 mars et 2 avril 1561 (Gall. Epist., t. I, p. 220, 222).
recus selon le bon plaisir du roi, ou bien à être renvoyés par eux devant Sa Majesté, pour qu'elle fasse de cette affaire comme bon lui semblera. Le Révérendissime Cardinal de Tournon nous prête un puissant appui dans cette négociation : il a parlé en notre faveur à la reine-mère; il nous à soutenus au conseil privé, et il nous assure qu'il ne cessera jamais de nous aider... Nous avons aussi pour nous, grâce à Dieu, le roi, la reine-mère, tous les cardinaux et quelques princes. Mais Les temps sont si mauvais qu'ils ne peuvent l'être davantage !. »
Et de fait, à ce moment la situation des partis en France permettait au Parlement de se faire prier et même de désobéir. Par suite de dissentiments aux États Généraux d'Orléans, le chancelier avait suspendu l'assemblée, le 31 janvier 1561, en l’ajournant au mois de mai; puis on la prorogea jusqu’au mois d'août, où elle se réunit à Pontoise ?. Dans cet intervalle, la conformité des intérêts et le zèle de la religion rapprochèrent le maréchal de Saint-André, le connétable de Montmorency et le due de Guise, qui formèrent entre eux la fameuse ligue connue sous le nom de Triumvirat. IL y eut alors trois partis bien distincts : celui des catholiques avec les triumvirs; celui des réformés, avec la maison de Châtillon, dont l'amiral de Coligny était le chef; celui des politiques, avec le chancelier de L'Hôpital, et dont le programme à été parfaitement défini par Tavannes : « Le nom de politique, disait-il, a été inventé par ceux qui préfèrent le repos du royaume ou de leur particulier au salut de leur âme et à la religion, qui aiment mieux que le royaume demeure en paix, sans Dieu, qu'en guerre pour luy*. »
Ces divisions, inséparables d’une régence à laquelle manquait l'unité de direction, aurait suffi pour encourager la résistance du
Parlement; les huguenots, avoués ou secrets, qui siégeaient sur
ses bancs, contribuaient encore de leur côté à entretenir son esprit d'opposition aux ordres du roi. Il ne restait done plus d’espoir à la Compagnie de Jésus que dans l’une des futures assemblées, auxquelles l’arrêt du 22 février avait renvoyé sa cause. Ef en effet, nous allons bientôt voir, à Poissy, la Société d’Ignace de Loyola acceptée officiellement dans le royaume de France. Mais cet événement capital fut précédé et accompagné de circonstances qu’il est nécessaire de rappeler brièvement, pour comprendre