‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 180 sur 457 · Archiv. de l'Ariège, H, Jésuites · texte numérisé non relu

Archiv. de l'Ariège, H, Jésuites

et la ville donnaient, du consentement du roi, six cents francs de rente perpétuelle; l'emplacement du collège était très bien situé et l’église fort belle!. » Quand le P. Provincial, quelque temps après, eut les pièces officielles contenant les conditions stipulées entre l’évêque, Le chapitre et les magistrats de Pamiers, il fut tout surpris de voir que ni le contrat ni Les lettres du roi ne parlaient d’un collège de la Compagnie de Jésus, mais seulement d’un personnel indéterminé de dix au douze membres au maximum, et parmi eux « quatre régents de sçavoir, expérience et bonne doctrine... » dont quelques-uns enseigneraient le droit canon et le droit civil?. Le P. Cogordan se rendit en toute hâte auprès de ME de Pellevé, qui demeurait alors à quatorze lieues de Paris. Rien ne fut plus aisé que de s'entendre : « Monseigneur dit qu’il avait bien l'intention d'établir à Pamiers un collège de la Compagnie, conformément à son Institut; qu'on y enseignerait les lettres humaines, le grec et l’hébreu, la philosophie et la théologie, et qu'on y mettrait autant de Pères qu’il en faudrait; que s'il n'avait pas fait mention de la Compagnie de Jésus, c'était pour ménager certaines susceptibilités, mais qu'après l’arrivée des Pères tout s’arrangerait 5. »

Malgré ces bonnes paroles, il restait bien quelques doutes sur l'exécution du contrat. Toutefois l'établissement d’un collège à Pamiers paraissait si utile et si avantageux, que le P. Provincial n'hésita pas à demander au P. Général l’envoi de quelques professeurs, pour ouvrir immédiatement les classes. De son côté, Robert de Pellevé avait soin de préparer les voies à ses protégés. Au mois d'avril 1559, M. Cardellac, son vicaire général, se présenta aux consuls, et de sa part leur proposa les Jésuites « pour régenter le collège ». Cette proposition fut discutée dans un « conseil tenu le septiésme » du même mois, et acceptée assez favorablement, si l’on en juge par la conclusion suivante : « Quant aux régents Jézoïstes.… qu'ils seront reçeus à tel pacte que soyent de qualité requise, soufizans et capables... et que soyent Françoys pour le regard de la langue du pays; pour le regard des lieux, la ville ne peut présentement autrement construire ledit collège’. » Il est probable que le P. Broet fut mis

1. Lettre du P. Broet au P. Lainez, 5 nov. 1558 (Epist. P, Broeti, p-:1255 126).

2. Lettres patentes de Henri Il (Archiv. de l'Ariège, H, Jésuites).

3. Lettre du P. Cogordan au P. Lainez, 20 déc. 1558 (Francia, Histor. ProvsetcE n°21):

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